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Jutra: le prix de la pire niaiserie

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Depuis dix jours, on a entendu une panoplie de commentaires consternants au sujet de l’affaire Jutra.

Quand on pensait qu’on avait atteint le fond du baril, boum!, une autre déclaration affligeante faisait surface.

Mais à qui devrait-on remettre la palme de la plus grosse niaiserie au sujet de l’affaire Jutra?

UNE SURENCHÈRE AFFLIGEANTE

Dans cette catégorie, les finalistes sont:

Rafaële Germain, qui a affirmé à l’émission Culture Club de Radio­­-Canada qu’«une odeur nauséabonde de rectitude politique» flottait dans le discours de ceux qui dénonçaient Jutra.

René-Daniel Dubois, qui a qualifié les accusations graves de pédophilie­­ contre Jutra de «cette petite affaire-là».

René Homier-Roy, qui a trouvé «indécent et inacceptable» que la ministre Hélène David demande de renommer le Gala, mais qui n’a jamais dénoncé la grossière «indécence» de Claude Jutra.

Lise Payette, pour sa chronique Claude Jutra était mon ami, pour sa première réplique et pour sa deuxième réplique.

Roulement de tambour.

Et le prix de la plus grande niaiserie écrite ou dite au sujet de l’affaire Jutra est remis à... Denis Forcier.

UNE STATUETTE D’ENFANTS ASSASSINÉS

Vous ne connaissez pas Denis Forcier? Moi non plus. Mais hier, Le Huffington Post a publié un texte dans lequel ce monsieur, un directeur d’école à la retraite, fait la suggestion suivante: «Qu’une statuette soit créée à l’effigie d’un enfant, et présentée à chaque année en fin de Gala soit à un organisme, à un groupe ou autre qui s’est signalé pour son travail visant à protéger les enfants des tueurs ou d’abus sexuels. Note: cette statuette pourrait peut-être être la représentation artistique d’Olivier et Anne-Sophie, si Isabelle Gaston, leur mère, était d’accord».

Quelle monumentale idiotie! Quel mauvais goût crasse! Mais comment a-t-il pu suggérer une horreur pareille? Un trophée à l’effigie de deux enfants morts au bout de leur sang, remis lors du Gala du cinéma québécois?

Vous imaginez l’animatrice de la soirée, Pénélope McQuade, tenant­­ dans ses mains une statuette représentant le corps lacéré de deux petites victimes innocentes?

DU GRAND N’IMPORTE QUOI

Mais ce n’est pas tout. Monsieur Forcier, qui est une mine de suggestions, propose aussi:

«Que le gala des Jutra devienne le Gala des 2 Jutra, et les rues et autres monuments soient rebaptisés Les 2 Jutra

Les deux Jutra... comme le Jutra cinéaste et le Jutra pédophile? Pour bien illustrer la dualité du personnage? Comme les céréales Mini-Wheats avec leur côté givré et leur côté sucré?

Donner à un gala ou à une rue le nom de quelqu’un, c’est lui rendre hommage, vanter sa grandeur, souligner son excellence.

Comment pourrait-on rendre hommage au côté pédophile Jutra?

Si on suit la logique de Monsieur Forcier, il faudrait donner à une rue française le nom de «rue des deux Bertrand Cantat». Comme ça, on rendrait hommage au chanteur du groupe mythique­­ Noir Désir ET au gars qui a tué sa blonde, Marie Trintignant­­.

LA QUESTION QUI TUE

Pourquoi est-ce que Le Huffington Post publie des inepties pareilles­­?

Et ce gars-là était directeur d’école?

Heureusement qu’il est à la retraite.