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La Caisse de dépôt a obtenu un rendement de 9,1% en 2015

Michael Sabia, président et chef de la direction de la Caisse de dépôt et placement du Québec, estime que le rendement de 2015 a été «solide» en dépit d’un «environnement turbulent et volatil».
Photo Agence QMI, Sébastien St-Jean Michael Sabia, président et chef de la direction de la Caisse de dépôt et placement du Québec, estime que le rendement de 2015 a été «solide» en dépit d’un «environnement turbulent et volatil».

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Les investissements étrangers de la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) en Bourse, dans l’immobilier et dans les infrastructures ont permis à l’institution d’enregistrer un rendement de 9,1 % l’an dernier.

Cette performance a fait grimper l’avoir des déposants de la Caisse de 20,1 milliards $.

L’actif net a terminé l’année à 248 milliards $, en incluant les dépôts de 2,1 milliards $ enregistrés pendant l’exercice.

Les gains de la CDPQ proviennent principalement de ses investissements sur le marché boursier, qui ont produit un rendement de 11 %. La Caisse a empoché près de 11,6 milliards $ en Bourse, en dépit de la dégringolade du marché canadien.

«Malgré un environnement turbulent et volatil en 2015, nous avons obtenu un rendement solide. Ça prouve que notre stratégie fonctionne bien», a expliqué Michael Sabia, président et chef de la direction de la CDPQ, lors d’une rencontre médiatique tenue mercredi, à Montréal.

En fait, seul le portefeuille d’actions canadiennes, exposé à la chute du pétrole et du cours des ressources, a généré un rendement négatif. Sa valeur a chuté de 925 millions $, soit un recul de 3,9 %. Les actions américaines et mondiales ont de leur côté produit des rendements de 21,7 % et de 21,5 %.

Marchés plombés

Depuis l’an dernier, les marchés financiers sont entre autres plombés par le ralentissement de la croissance en Chine, par la perspective d’une hausse des taux d’intérêt aux États-Unis et par la croissance faible dans les pays émergents.

«Regardez dehors, il y a une tempête de neige et du verglas, a lancé Rolland Lescure, le patron des investissements. Il n’y a pas actuellement de moteur, de locomotive pour tirer l’économie mondiale.»

Les placements sensibles à l’inflation, lesquels incluent la filiale immobilière Ivanhoé Cambridge, et dans les infrastructures ont généré un rendement de 10,6 %. L’actif de la CDPQ dans ces secteurs a cru de près de 3,8 milliards $ en 2015.

Enfin, le portefeuille Revenu fixe, composé d’obligations et de dettes immobilières, a généré une performance de 3,9 %, soit plus de 3 milliards $.

Un effet huard

La CDPQ a battu la performance de ses indices de référence dans chacun de ses trois principaux champs d’investissement. L’indice de référence global a atteint 6,7 % en 2015 alors que le rendement de la Caisse s’est établi à 9,1 %.

La faiblesse du dollar canadien fait partie des éléments qui ont contribué au succès de la CDPQ, car cette dernière touche des revenus étrangers. Comme la Caisse a décidé, il y a cinq ans, de ne pas se couvrir contre les fluctuations de devises, elle touche un gain mécanique en convertissant des recettes étrangères en huard.

Sur une période de quatre ans, de 2011 à 2015, la Caisse de dépôt et placement a enregistré un rendement moyen pondéré de 10,9 % par année, également supérieur à son indice de référence, qui s’est établi à 10 %.

 

Bombardier Transport reste un placement étranger, selon Sabia

 

La Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) considère son investissement dans Bombardier Transport (BT) comme un placement étranger, même si l’actionnaire de contrôle du fabricant de matériel roulant — Bombardier — est une entreprise québécoise.

La direction de la Caisse soutient que BT est une entreprise principalement active sur la scène internationale. Le siège social de l’entreprise se trouve d’ailleurs en Europe depuis une quinzaine d’années.

En novembre dernier, la CDPQ s’est engagée à verser 2 milliards $ à Bombardier pour mettre la main sur 30 % de la filiale de transport ferroviaire. L’opération a permis à Bombardier de renflouer ses liquidités, ébranlées par les déboires de l’appareil CSeries.

«Bombardier Transport est bien positionnée stratégiquement (pour vendre des trains) en raison de deux facteurs: l’urbanisation et les changements climatiques», a dit Michael Sabia, président et chef de la direction de la CDPQ, lors du dévoilement des résultats financiers 2015.

Le patron de la Caisse a toutefois indiqué que BT pourrait accroître sa performance en améliorant la gestion de ses opérations.

Un média montréalais a dévoilé mercredi que le siège corporatif de BT, établi en Allemagne depuis 2001, avait été relocalisé en Angleterre à la suite de l’investissement de la Caisse.

Augmenter la participation

La Caisse ne projette pas accroître sa participation dans Bombardier inc. même si ses dirigeants estiment que le nouveau patron du géant québécois des transports, Alain Bellemare, fait du bon travail.

Selon des données de Bloomberg, la CDPQ est actuellement le troisième plus gros actionnaire de Bombardier. Elle détient environ 2,15 % des actions ordinaires de l’entreprise.

«Nous sommes toujours ouverts à augmenter un investissement. Mais je ne pense pas que ça va arriver bientôt», a dit Michael Sabia, soulignant que la Caisse doit gérer son exposition.

Le dirigeant ne semble pas voir d’un mauvais œil le fait que les familles Beaudoin et Bombardier contrôlent Bombardier avec leurs actions à droits de vote multiples. Pour lui, c’est la performance qui compte.

«Couche-Tard et CGI ont des structures à droits de vote multiples et elles performent très bien», a-t-il dit.

 

Évolution de l’actif net de la caisse sur cinq ans (au 31 déc. 2015)

  • 2011: 159 G$
  • 2012: 176 G$
  • 2013: 200 G$
  • 2014: 226 G$
  • 2015: 248 G$

 

Caisse de dépôt et placement du Québec (RÉSULTATS)

2015

  • Rendement: 9,1 %
  • Actifs: 248 G$

2014

  • Rendement: 12 %
  • Actifs: 226 G$

 

Investissements au Québec

  • 2015: 2,2 G$
  • Total du portefeuille Québec inc.: 59,7 G$ (31 déc. 2015)