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La maladie des déficits

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Depuis la crise économique de 2008, l’argent sort par les fenêtres à Ottawa. En sept ans, le fédéral a accumulé des déficits totalisant tout près de 143 milliards $. Et c’est loin d’être terminé.

La facture s’annonce salée pour les prochaines générations, car Ottawa prévoit être dans le trou pour encore quatre ans. Minimum.

Selon des calculs réalisés par des économistes de grandes banques, le fédéral pourrait déclarer des déficits budgétaires combinés de 90 milliards $ d’ici l’horizon 2019.

C’est donc dire que sur la période 2008-2018, le fédéral aura flambé tout près de 240 milliards $ lors de neuf exercices financiers déficitaires. Ouch!

Les gens ne s’en souviennent sûrement pas, mais en 2009-2010, le fédéral s’est surpassé avec un déficit de 55,6 milliards $.

C’était au lendemain de la crise financière propulsée par la chute des marchés boursiers.

Le baril de pétrole était passé en quelques mois de 100 $ US à 62 $ US. L’argent ne coulait plus à flots dans les entreprises et des mises à pied massives ont été observées. Ottawa manquait de revenus.

Stimuler l’économie

À l’époque, comme aujourd’hui d’ailleurs, tous les économistes soutenaient qu’il fallait faire quelque chose pour stimuler l’économie canadienne.

Le gouvernement Harper a alors décidé de stimuler l’économie. Le gouvernement a également décidé de se priver volontairement de revenus en abaissant les taux d’imposition des entreprises.

Et on connaît la suite avec des déficits combinés de 142,8 milliards $ entre 2008 et 2014.

Le gouvernement Harper croyait qu’en baissant les taux d’imposition des entreprises, ces dernières allaient créer davantage d’emplois. Les résultats n’ont pas été à la hauteur des attentes. Les revenus n’ont pas suivi.

Et ce n’est pas les redevances sur le pétrole qui ont tout réglé. Entre 2011 et 2014, le prix du baril de pétrole a varié entre 93 $ US et 98 $ US.

Durant ces années, le fédéral a déclaré des déficits annuels respectifs de 33,4 milliards, de 26,3 milliards $, de 18,4 milliards $ et de 5,2 milliards $.

La dette, la dette, la dette

Morale de cette histoire? Les contribuables canadiens ont payé la note. Les manques à gagner ont été refilés au service de la dette.

Avec les données financières dévoilées par le ministre des Finances, Bill Morneau, on comprend que le gouvernement fédéral n’est pas sorti de l’auberge avec des promesses qui coûteront les yeux de la tête à l’État canadien.

Qui, pensez-vous, va payer la note encore une fois? Au 31 mars dernier, la dette nette fédérale s’établissait à 687 milliards $. En 2008, cette même dette nette s’élevait à 490 milliards $.

Alarmant tout cela? Bof. Plusieurs économistes sont d’avis qu’il ne faut pas s’inquiéter puisque le Canada figure parmi les pays les moins endettés du G7.

Un déficit de 30 milliards $ par année dans une économie de plus de 2000 milliards $, ce n’est pas la fin du monde. L’austérité, après tout, ralentit davantage l’économie. Ce n’est pas vendeur.

Pour le reste, on le dit, il y a la carte de crédit. Il y a Visa et il y a aussi MasterCard.

En passant, Ottawa prévoit allonger cette année 27 milliards $ seulement pour payer les intérêts de la dette fédérale.

Ah oui, je ne vous ai pas parlé de la maladie, chronique également, du gouvernement du Québec de déclarer des déficits.

Au cours des 40 dernières années, 34 budgets présentés par le Québec ont été déficitaires. Ça ne s’invente pas.