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L’attrait du pouvoir

caucus liberal
Photo Le Journal de Québec, Simon Clark

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Le mini-remaniement précipité par le congé de Pierre Moreau pour des raisons de santé confirme la place prépondérante au Conseil des ministres de transfuges issus de la filière caquiste et adéquiste.

La nomination surprise à l’Éducation de l’ex-leader parlementaire de l’ADQ, Sébastien Proulx, s’ajoute à celle toute récente de l’ex-caquiste Dominique Anglade à l’Économie.

La nouvelle ministre de l'Économie, Dominique Anglade
Photo Le Journal de Québec, Simon Clark
La nouvelle ministre de l'Économie, Dominique Anglade

Idem pour l’ex-caquiste Gaétan Barrette nommé à la Santé en 2014. Même l’omniscient Martin Coiteux, maintenant aux Affaires municipales et Sécurité publique, était réputé «cryptocaquiste».

Proximité

Bref, les ministères les plus «politiques» échappent aux libéraux de plus longue date. Une énième preuve de l’indéniable proximité idéologique entre le gouvernement Couillard et la CAQ.

L’attrait du pouvoir complète le portrait. Pourquoi attendre une improbable victoire de la CAQ quand un vrai parti de pouvoir vous ouvre les bras?

Ces montées rapides au sommet du cénacle libéral sont toutefois risquées. La nomination d’une néophyte à l’Économie alors que le gouvernement est critiqué pour sa propre inaction soulève déjà le doute.

Parfait ?

À l’Éducation, Sébastien Proulx cumulera aussi la Famille. Même délesté de l’Enseignement supérieur par Hélène David, ce double fardeau pèsera lourd sur ses épaules.

Sébastien Proulx
Photo Le Journal de Québec, Simon Clark
Sébastien Proulx

Le premier ministre le dit parfait parce qu’il est un «jeune papa». Et d’autres, parce qu’il est «bon communicateur». Quatrième titulaire de l’Éducation en moins de deux ans, sa nomination est en effet plus politique que substantielle. Certains y voient aussi un beau continuum de la petite enfance au secondaire V.

Or, le redressement radical dont le système d’éducation a urgemment besoin commanderait un «CV» nettement plus proportionnel à l’immensité de cette tâche. Et aussi, un ministre à temps plein.

À moins que l’on se contente d’une énième réforme de «structures». Auquel cas, un jeune papa encore récemment partisan de l’abolition des commissions scolaires est sûrement la personne idéale.