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L’école: la vraie solution pour le hockey

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On se dirige tout droit vers un vrai débat de société. Pendant des années, les bonzes de Hockey-Québec, bien installés dans leurs grands bureaux, ont trôné sur le hockey québécois. Ils étaient et sont encore appuyés par une armée de vrais et de faux bénévoles, souvent incompétents, qui se sont taillé de petits empires sur le dos des enfants qui voulaient jouer au hockey.

On voit les résultats. On est heureux quand une équipe canadienne junior trouve de la place pour deux grenouilles dans son alignement, on est satisfait quand deux Québécois portent l’uniforme d’Équipe-Canada aux Jeux olympiques et on doit maintenant se contenter d’une trentaine de Québécois dans la Ligue nationale. Et ils font rarement partie de l’élite.

Ça change. Ç’a été long, ç’a été interminable mais ça change. Quand Serge Savard et Marc Tardif ont présidé au lancement de la Ligue Collégiale AAA à la fin des années 70, ils espéraient donner aux étudiants une alternative à la Ligue de hockey junior majeur du Québec.

Ils avaient raison mais ils étaient en avance sur leur époque. Et surtout, ils commençaient par la tête alors qu’il aurait fallu implanter les racines de ce nouveau hockey scolaire.

C’est ce que les dirigeants de la Ligue de hockey préparatoire scolaire (LHPS) ont compris. Et leur travail est en train de révolutionner l’univers du hockey mineur au Québec.

Les guerres mesquines de Hockey Québec 

J’en rêvais. J’en rêvais comme Serge Savard, comme Marc Tardif il y a quarante ans. J’en rêvais comme Jacques Tanguay avec le Rouge et Or de l’Université Laval.

Sauf que le rêve est devenu réalité pour le football scolaire québécois. Le football mineur civil survit bien mais c’est par les écoles que le football québécois, devenu un leader à travers tout le Canada, a pris son envol.

Aujourd’hui, des hommes d’affaires s’impliquent à Québec, à Montréal, à Sherbrooke, en Beauce et dans toutes les institutions scolaires qui ont un programme sérieux de football. Ce sont les jeunes qui en bénéficient. Et leurs écoles.

Rien n’est plus valorisant que de porter les couleurs de son école. Et rien n’est plus rassembleur que d’encourager et d’appuyer une des équipes de son institution. J’ai été prof de grec et de latin mais c’est en jouant au football avec les élèves qu’on a réussi à souder la section classique de la polyvalente. Je présume que le hockey pourrait atteindre encore bien plus cet objectif.

Hockey et décrochage

De toute façon, on n’aura pas le choix. Il faut trouver une façon de contrer le décrochage scolaire au secondaire. Plus de 35 pour cent des ados ne complètent pas leur secondaire. C’est suicidaire. Si le hockey peut leur servir de point d’ancrage dans le milieu étudiant, ça sera déjà un gros plus.

Si de surcroît, un meilleur encadrement et de meilleurs enseignants en hockey permettent de mieux développer nos jeunes joueurs, alors c’est toute la société québécoise qui y gagnera.

Une guerre larvée et mesquine est déjà déclarée par Hockey-Québec. Certains petits potentats en région ont tenté d’interdire aux arbitres du hockey civil d’aller œuvrer dans le réseau scolaire. Ce qui est un vrai crime qu’un ministre de l’Éducation responsable ne saurait tolérer. Il n’y a pas d’entourloupettes que Hockey-Québec n’essaie pas pour contrer la progression du hockey scolaire.

Faut bien protéger les jobs et les petits empires.

J’espère que les gens de la LHPS et du RSEQ, le réseau du sport étudiant au Québec vont garder la même détermination à faire progresser leur programme...et leur produit.

La vraie solution pour un excellent développement du hockey chez les jeunes Québécois passe par l’école.

Un jour, les ligues collégiales et universitaires de hockey auront la même crédibilité et la même popularité que leurs équivalentes au football.

Ce qui n’empêcherait pas la LHJMQ d’exister...