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L’opposition s’effrite

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Déjà très peu nombreuses et fragiles pour faire face à l’imposante et largement majoritaire équipe du maire Labeaume, les forces vives s’effritent au sein de l’opposition à l’hôtel de ville de Québec.

Nul besoin d’être devin pour comprendre que le moral est au plus bas ces temps-ci, parmi les troupes de Démocratie Québec. À la difficulté de recruter un directeur de cabinet s’ajoutent celles de devoir remplacer, à un an et demi de la prochaine campagne électorale municipale, le chef intérimaire du parti.

Benoît Gingras, qui occupait ce poste depuis 2014, quitte pour des raisons professionnelles et familiales, a-t-il confirmé à ma collègue mardi. Or le départ de cet avocat d’expérience laisse un grand vide qui devra être comblé rapidement.

M. Gingras avait en effet le mandat significatif dans les circonstances de fouetter les troupes et d’attirer des candidats de renom pour la course à la chefferie. Jusqu’à présent, bien qu’il soit encore tôt, aucun candidat de l’extérieur ne s’est montré intéressé à se présenter.

Lors du cocktail de financement de DQ, l’automne dernier, le président Denis L’Anglais avait souligné à quel point l’année 2016 serait chargée. Le parti avait également comme objectif de doubler ses membres et de créer des associations locales d’arrondissements.

Malaise interne

Puis les déclarations récentes de l’ex-chef de cabinet Guy Beaudet à propos de Paul Shoiry, chef de l’opposition, ont non seulement choqué, mais ont aussi fait clairement ressortir un profond malaise qui mine l’unité à l’intérieur du parti, tant entre les conseillers élus que les membres du conseil d’administration.

Le fait que M. Shoiry garde la porte ouverte pour se présenter dans la course à la chefferie mais tout en demeurant chef de l’opposition crée un certain émoi dans les rangs de la formation. Il y a d’ailleurs eu, selon différentes sources, des débats autour de la date à laquelle devrait se tenir la course à la chefferie. Selon mes informations, M. Shoiry souhaitait qu’elle se tienne le plus tard possible et même en 2017.

Comme il y avait division, il a finalement été convenu que la course devait plutôt avoir lieu en décembre 2016. Sage décision, car autrement on aurait pu favoriser M. Shoiry qui, comme chef de l’opposition, aurait ainsi joui pendant une longue période d’à peu près toute la visibilité, au détriment de la conseillère Anne Guérette, qui a confirmé son intérêt.

Plus l’échéance de la campagne approche, plus ce malaise deviendra néanmoins intenable et risque de diviser l’équipe. Vivement une course à la chefferie pour clarifier la situation.

La faiblesse de l’opposition, on s’en doute, risque de profiter au maire Labeaume et à son équipe, qui assurément se tapent sur les cuisses en observant tout ce qui se passe chez le voisin.