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Médicaments: Barrette soupçonné de favoriser les monopoles

Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette
Photo Le Journal de Québec, Simon Clark Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette

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Le ministre de la Santé Gaétan Barrette s’est fait reprocher de vouloir créer des monopoles avec son projet de loi visant à réduire le coût des médicaments génériques.

Dans sa version soumise en commission parlementaire, le projet de loi 81 autoriserait le ministre de la Santé à recourir à une procédure d’appel d’offres pour un contrat d’approvisionnement pour chaque médicament inscrit à la liste des médicaments couverts par le régime public d’assurance médicaments.

La conséquence serait qu’il n’y aurait qu’un fournisseur pour chaque type de médicament.

Trois des quatre groupes entendus en commission parlementaire ont relevé cette ouverture aux monopoles. «Il est impossible (...) de comprendre comment le gouvernement peut envisager de donner le monopole d’une molécule à un seul grossiste», a écrit l’Association des pharmaciens professionnels salariés du Québec (APPSQ), dans son mémoire présenté en commission parlementaire.

«On n’est pas contre la réduction du coût des médicaments, on est contre le moyen choisi par le Dr Barrette pour y arriver. Les appels d’offres présentent plus d’inconvénients que de solutions», a précisé Christophe Augé, président de l’APPSQ.

Pertes d’emplois

En se limitant à un seul fournisseur pour un médicament, le réseau des pharmacies québécoises se rendrait vulnérable à la rupture d’approvisionnement et à une éventuelle hausse du prix, a signifié le président de l’APPSQ. Des patients pourraient voir leur médication modifiée parce que leur médicament générique ne serait plus couvert par le régime public d’assurance.

L’Association des étudiants en pharmacie de l’Université de Montréal (AEPUM) se méfie du projet de loi 81 pour la même raison. «La création d’un monopole se traduirait par des pertes d’emplois», a soumis le président Michaël Cardinal.

Au ministre qui a soutenu que les honoraires des pharmaciens ne cessaient d’augmenter, l’AEPUM a répondu que les revenus des pharmaciens avaient fondu de plus de 200 millions.

Les perspectives d’emplois diminuent et les étudiants peinent à trouver des places pour leurs stages, a prévenu M Cardinal.