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Retour sur l'affaire Beaudet

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À la suite de déclarations contradictoires de Guy Beaudet, ex-chef de cabinet de l'opposition à l'hôtel de ville de Québec, j'estime nécessaire d'effectuer aujourd'hui une importante mise au point afin de rétablir les faits. D'abord bien heureux de mon reportage, ce dernier a ensuite nuancé son propos après le point de presse du chef de l'opposition.

J'ai contacté Guy Beaudet mercredi dernier, par le biais de sa page Facebook, l'informant que j'aimerais lui parler personnellement.

Je me rappelais que Paul Shoiry, chef de l'opposition, nous avait mentionné à l'issue d'une entrevue éditoriale en janvier, que M. Beaudet ne travaillait plus avec eux, mais qu'il ne souhaitait pas en parler et ne voulait pas rendre publique sa maladie.

Dans les semaines qui ont suivi, j'ai obtenu des informations à l'effet que M. Beaudet était mécontent et estimait avoir été traité injustement alors qu'il venait d'apprendre qu'il avait le cancer.

C'est donc dans le but de valider ces informations que j'ai contacté M. Beaudet. Lorsqu'il m'a rappelé, mercredi en début de soirée, il m'a confirmé le tout, et pendant près d'une heure, il m'a exposé de long en large le fait que selon lui, M. Shoiry avait profité de sa maladie pour ne pas renouveler son contrat et n'avait pas fait preuve de compassion à son égard en se fichant de savoir qu'il se retrouverait à la rue, sans salaire ni assurance, puisqu'il n'avait pas renouvelé son contrat.

«Il (M. Shoiry) m'a donné une bonne jambette dans un moment où j'étais affaibli, a déploré M. Beaudet lors de notre entretien. C'est un coup en bas de la ceinture et ça manque de compassion.»

Congédiement déguisé

Tel que mentionné également dans mon article paru samedi, M. Beaudet m'a expliqué que cette façon d'agir allait nettement à l'encontre des principes de la Loi sur les normes du travail et des «pratiques usuelles» de relations de travail au Québec. Par exemple, il est interdit à un employeur de sanctionner un salarié lors d'un congé de maladie.

La loi fait aussi état du congédiement déguisé, parlant d'un moyen détourné par lequel un employeur congédie un salarié en présentant cela comme un licenciement ou une mise à pied. Aux yeux de l'ex-chef de cabinet, «cela ressemble étrangement à un congédiement déguisé comparable au congédiement d'une femme enceinte dont on veut se débarasser, profitant du fait qu'elle soit en arrêt de travail.»

Ces propos sont également repris dans des lettres qu'a envoyées M. Beaudet à M. Shoiry, et dont il m'a transmis copie.

Démarches avisées

Je tiens par ailleurs à souligner que je n'ai rien, absolument rien contre le chef de l'opposition à l'hôtel de ville, Paul Shoiry. J'ai maintes fois souligné ses bons coups, au même titre que j'ai souligné ses moins bons coups, au gré de mes observations comme journaliste et chroniqueur, et des informations recueillies. J'ai d'ailleurs été la première à écrire à propos du fait qu'il pensait revenir en politique municipale, pour la campagne de 2013.

Lorsqu'un journaliste reçoit une information, qu'elle est crédible, documentée, il est de son devoir de la rendre publique. C'était le cas pour cette histoire. J'ai d'ailleurs donné la parole à M. Shoiry ainsi qu'aux conseillers de l'opposition avant publication. J'estime donc avoir fait mon travail de façon honnête et avisée, comme je l'ai toujours fait depuis bientôt près de 20 ans.

Que des remerciements

Jamais, entre le moment de la parution et le point de presse de Paul Shoiry, lundi matin, M. Beaudet ne m'a mentionné être mécontent de mes écrits ou d'un titre. Jamais il n'a senti le besoin de rectifier les faits, pas même un seul mot d'ailleurs. Bien au contraire, puisqu'il a en outre accordé une longue entrevue à TVA, qui l'ont contacté à la suite de la parution de mon article, et à qui il a répété les mêmes affirmations.

Les changements dans les propos de M. Beaudet sont en fait survenus après le point de presse de Paul Shoiry. M. Beaudet a alors affirmé dans certains médias concurrents que ce n'était pas le cancer. À la radio, il a affirmé ceci: «C'est pas la maladie, mais il a profité de la maladie pour pouvoir m'évincer.» Or c'est précisément le sujet de mon article.

Lors de la parution de mon article, samedi matin, M. Beaudet m'a écrit ce message: Je vous envoie un clin d'oeil pour votre article. Merci.» Nous avons ensuite eu des échanges sur le fait que TVA Nouvelles à Québec l'avait rencontré. «Entrevue terminée, m'a-t-il écrit. Un bon trente minutes. J'ai tout déballé.»

Nous avons ensuite eu des échanges dimanche, parce qu'un recherchiste tentait de le rejoindre. J'ai d'abord écrit à M. Beaudet, et avec sa permission, j'ai transmis ses coordonnées au recherchiste.

M. Beaudet m'a confirmé par écrit qu'il aurait une entrevue à la radio le lendemain matin. Il écrit aussi qu'il a lu l'article de mon collègue Pierre-Paul Biron, et que l'opinion de Me François Marchand est intéressante. Il se questionne à nouveau: «Alors croyez-vous que Paul Shoiry avec l'appui des conseillers avaient en tête de m'embaucher que jusqu'au 31 décembre. L'enlignement sur lequel on s'est entendu lors de mon embauche était jusqu'a la désignation d'un nouveau chef ... qui était dans son esprit à ce moment en 2017. Et c'était dans l'esprit de tout le monde. C'est important de souligner ce fait.»

Que M. Beaudet se contredise parce qu'il sent la soupe trop chaude, ou sur les conseils d'un avocat peut-on présumer, et tente ainsi d'entacher ma crédibilité, je trouve cela très déplorable et je trouve aussi que ça manque d'honnêteté. Il est un peu trop facile de tirer sur le messager.