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Sébastien Proulx est un novice? Vraiment?

Cancer Moreau
Simon Clark/Agence QMI

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Tous ceux qui sous-estiment l’instinct politique et la connaissance du système d’éducation de Sébastien Proulx risquent d’avoir une fort mauvaise surprise dans les prochaines semaines.

J’écoutais la présidente de la Fédération des commissions scolaires (FCSQ) réagir sur les ondes de Radio-Canada à la nomination de Sébastien Proulx... «Compte tenu de sa feuille de route», «c’est quelqu’un qui n’était pas plongé au cœur des dossiers de l’éducation», «il doit prendre tout son temps», un «ralentissement considérable» doit avoir lieu avec la commission parlementaire chargée d’étudier le projet de loi 86, on doit «prendre une pause», etc.

On parle de Sébastien Proulx comme étant «un ministre novice»: «M. Proulx ne connaît pas comme tel le réseau de l’éducation, il a très peu d’expérience», ajoute Josée Bouchard.

En termes de mauvaise foi, on peut difficilement faire mieux.

Le projet de loi actuellement sur la table ne fait pas l’affaire des commissions scolaires et la stratégie est claire: gagner le plus de temps possible pour noyer le poisson!

D’un côté, la FCSQ va s’appliquer à démoniser le nouveau ministre pour ses déclarations du passé et tenter de mobiliser une partie de la base libérale, la seule qui croit encore un peu à l’utilité des commissions scolaires.

De l’autre, elle va offrir «sa main tendue» au ministre pour qu’il «mette les freins» à la réformette que contient le projet de loi 86.

Évidemment, il ne faut pas s’attendre à ce que Sébastien Proulx soit aussi cinglant avec les commissions scolaires qu’il l’était du temps où il était porte-parole en matière d’éducation de l’ADQ. Mais il pourrait garder le cap sur sa volonté ferme de mettre en place des écoles plus autonomes...

«La direction de l’école doit donc avoir accès aux ressources humaines et financières nécessaires et disposer de toute la latitude requise pour intervenir sans avoir à obtenir l’accord d’une quantité de structures administratives rigides.»

On ne veut pas voir à la FCSQ que Sébastien Proulx était à l’avant-plan à l’occasion de la dernière législation modifiant la Loi sur l’instruction publique. On préfère penser qu’il ne connaît pas le réseau public d’éducation.

D’ailleurs, attendez-vous à ce qu’on lui reproche très rapidement d’envoyer ses deux jeunes enfants à l’école privée, comme l’avaient fait avant lui sept ministres péquistes.

Argument tellement facile quand on veut discréditer un ministre de l’Éducation... d’autant que la liberté de choix existe au Québec et que c’est bien de la défendre.

On demande à Sébastien Proulx de se doter d’une vision de l’éducation et d’agir en conséquence.

Il n’a pas besoin de «prendre une pause», il s’est prononcé à plusieurs reprises sur cette vision, dont cette fois où il a justifié son désaccord à un projet de loi où il n’était question que de brasser des structures...

«Moi, je suis toujours déçu de voir que, depuis le 27 mars 2007, depuis mon élection à titre de député, bien avant ma nomination à titre de porte-parole en matière d’éducation, le seul projet de loi d’envergure qu’on ait déposé ici en matière d’éducation a été un qui voulait rénover une institution qui à mon sens est déficiente, dépassée et mésadaptée de notre société actuelle. C’est le seul projet qu’on a déposé. On ne s’est pas attaqués à ce qui est un drame social qui est le décrochage scolaire. On ne s’est pas réellement attaqués à ce qui devrait être aussi une priorité, c’est-à-dire le maintien d’écoles, l’accessibilité facile pour chacun, l’accompagnement nécessaire des enfants qui sont en difficulté.» (source)

Dans l’esprit des conclusions de la première journée des consultations particulières de mardi dernier, il est tout à fait possible de marcher et de mâcher de la gomme. Oui, c’est possible d’établir des écoles autonomes et de favoriser le dépistage et l’intervention précoce avec des enfants en difficultés d’apprentissage.

Les commissions scolaires pourraient avoir tort de sous-estimer le nouveau ministre de l’Éducation.

Il n’y a aucun besoin de retarder indûment le cheminement du projet de loi qui souhaite réformer la gouvernance des commissions scolaires.

Au contraire, il faut le bonifier dans le sens de la vision du ministre et dans le sens des interventions d’Égide Royer.

Heureusement, certains intervenants en éducation croient plutôt que «le processus vers l’adoption du projet de loi ne doit pas se prolonger».

Le nouveau ministre de l’Éducation doit s’inspirer de son passé et aller de l’avant, rapidement!

N.B. Il était question de ce sujet ce matin dans ma chronique radio sur les ondes de BLVD 102,1 FM.