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Une première pour Papineau

Le joueur devient le premier golfeur québécois à décrocher une bourse complète de la NCAA

Étienne Papineau
Photo Le Journal de Québec, Jean-François Desgagnés Étienne Papineau

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Étienne Papineau est le premier golfeur québécois à obtenir une bourse complète en Division 1 de la NCAA.

«C’est un rêve de jouer dans la NCAA depuis que je suis tout petit, a raconté le golfeur de 19 ans qui poursuivra sa carrière avec les Mountaineers de West Virginia à compter de septembre prochain. À 12 ans quand j’ai réalisé que c’était possible pour un Québécois, j’ai écrit dans ma chambre que je voulais jouer dans la NCAA. Ça va être une expérience assez incroyable.»

«Tous les meilleurs golfeurs sont passés par la NCAA avant de faire le saut chez les pros, de poursuivre celui qui a frappé ses premières balles à l’âge de quatre ou cinq ans en compagnie de son père. Tiger Woods a joué à Stanford et Jordan Spieth à l’Université du Texas. Pour le moment, mon intention est de disputer mes quatre années à West Virginia, mais on verra selon ma progression.»

Endroit idéal

Deux autres programmes étaient dans la course pour obtenir les services de l’étudiant au collège St.Lawrence. «West Virginia était la seule école qui m’offrait une bourse complète. Je m’entends aussi très bien avec l’entraîneur. Ce fut un facteur qui a pesé lourd dans ma décision. Washington State m’a fait une très bonne offre (90 pour cent) et c’est une très bonne école, mais c’était pas mal loin. L’Université North Carolina à Charlotte où Raoul Ménard a évolué m’a aussi contacté, mais on m’offrait une bourse à 70 pour cent. Avec mon programme d’études en adminstration du sport, West Virginia était l’endroit idéal pour moi.»

Les Mountaineers disputeront leur première saison sur le circuit de la NCAA en 2016. «C’est un nouveau programme qui n’a pas le prestige de certains autres, mais ils m’ont offert une belle marque de confiance en me versant une bourse complète et je veux leur prouver qu’ils n’ont pas eu tort.»

Force mentale

Qu’est-ce qui a retenu l’attention des équipes de la NCAA? «L’entraîneur de West Virginia m’a dit que mon expérience sur la scène internationale a été un facteur important dans leur décision de m’offrir une bourse complète. Le coach aime aussi ma force mentale.»

En juin dernier, Papineau a terminé au 10e rang au championnat mondial junior disputé au Japon. Sur la scène amateur, il a connu toute une saison en remportant l’Alexandre de Tunis et le championnat amateur, deux des trois épreuves de la triple couronne du golf québécois. Le protégé de Fred Colgan a aussi gagné le championnat canadien collégial en octobre.

Un jeune qui a remporté son pari

Dans l’espoir de gravir les échelons, Étienne Papineau a quitté le foyer familial de Saint-Jean-sur-Richelieu après sa troisième secondaire afin de s’établir à Québec sous la supervision de l’entraîneur Fred Colgan.

«Ce ne fut pas facile à ma première année de quitter mes parents et d’habiter en pension, mais j’étais prêt à changer d’environnement et à mettre les efforts pour m’améliorer, a confié Papineau qui a complété son parcours secondaire à l’Académie Saint-Louis. Depuis mes débuts à St. Lawrence, j’habite en appartement et ma sœur est venue me rejoindre pour ses études.»

Papineau a fait ses débuts sous les ordres de Pierre Dugas. Ce dernier travaille toujours avec Papineau durant la saison estivale.

Régions mal servies

Si la recette a été profitable pour la recrue des Mountaineers de West Virginia, Colgan reconnaît qu’un déménagement à un âge aussi précoce n’est pas toujours un gage de succès. «À l’époque, on mettait sur pied une structure provinciale et nous avions accueilli cinq joueurs de la région de Montréal, a rappelé le responsable de l’Académie Fred Colgan. Sur cinq joueurs, deux ont très bien réussi. En plus d’Étienne, Valérie Tanguay a obtenu une bourse complète à Oklahoma. On a frappé pour 40 pour cent. Je ne crois pas à la formule de déraciner les jeunes en bas âge, et ça peut même être dangereux, mais on n’a pas le choix dans certains cas puisque certaines régions sont mal servies.»

Compétiteur

Entraîneur de longue date, Colgan a vu défiler de nombreux espoirs au fil des ans. Que voit-il chez Papineau? «C’est tout un compétiteur, a-t-il mentionné. C’est un pitbull qui ne lâche jamais son os. Il frappe droit et il joue bien sur les verts même s’il ne s’agit pas de sa force.»

À seulement 140 livres, Papineau étonne par sa force. «Il frappe très fort pour sa grosseur. Ses meilleurs coups de départ atteignent de 280 à 290 verges, soit le double de son poids. Il frappe plus loin que mes golfeurs avec de plus gros gabarits.»

Papineau part demain en Caroline pour une semaine en compagnie de Colgan et de ses coéquipiers de St. Lawrence. Après. un arrêt de cinq semaines à Port St. Lucie à PGA Village est au programme.