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Une solution verte abandonnée par Québec

Il existait un projet pour rendre la cimenterie McInnis de Port-Daniel beaucoup moins polluante

cimenterie McInnis de Port-Daniel
Photo courtoisie La construction de la cimenterie McInnis de Port-Daniel se poursuit.

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Le gouvernement Couillard a levé le nez sur une solution pour réduire les gaz à effet de serre du projet de cimenterie à Port-Daniel, le plus polluant de l’histoire du Québec, a appris Le Journal.

Une rencontre au sommet s’est tenue en septembre 2014 dans les bureaux du ministre des Ressources naturelles pour trouver une solution de rechange au coke de pétrole, un résidu des raffineries que prévoit utiliser Ciment McInnis comme combustible.

Des représentants du cabinet du ministre Pierre Arcand, de celui du ministre de l’Environnement, de Pétrolia et de Gaz Métro ont planché sur «un projet d’approvisionnement en gaz pour la cimenterie», qui aurait permis de réduire de 20 % à 50 % les émissions de GES.

Puits de Pétrolia

Le projet prévoyait remplacer une partie du coke de pétrole par du gaz naturel liquéfié provenant du puits Bourque, près de Murdochville, appartenant à Pétrolia, selon des documents obtenus par notre Bureau parlementaire. «Un comité de préfaisabilité» devait être mis sur pied par le gouvernement, mais il n’a jamais vu le jour.

La porte-parole de Gaz Métro, Catherine Houde, confirme qu’une rencontre a bien eu lieu en septembre 2014. Mais pas de trace du comité de préfaisabilité. «On n’a jamais eu de nouvelles par rapport à ce fameux comité-là», précise-t-elle.

Le président-directeur général de Pétrolia, Alexandre Gagnon, ne sait pas pourquoi le projet visant à réduire les GES de la cimenterie n’a pas eu de suite. «Aucune idée, il faudrait demander aux représentants des différents ministères concernés», a-t-il commenté par courriel.

Ciment McInnis n’était pas convié à la rencontre. La porte-parole Maryse Tremblay reconnaît toutefois qu’elle a «eu vent» de cet entretien. Aucune «proposition formelle» n’a cependant été faite à son entreprise par le gouvernement, même si des discussions ont cours sur une base régulière avec Québec.

Gaz ou biomasse

L’exploitation de la cimenterie commencera graduellement à compter de la fin 2016 et elle devrait être en «opération commerciale» en 2017.

Mme Tremblay précise que pour la première année et demie, l’usine devra utiliser uniquement du coke de pétrole en provenance de la côte Est américaine comme combustible. Après cette période, l’entreprise est ouverte à avoir recours à d’autres options, que ce soit du gaz naturel ou de la biomasse forestière.

«L’idée (de substituer une partie du coke de pétrole par du gaz gaspésien) est intéressante, mais encore faut-il qu’il y ait du gaz naturel qui soit disponible. Nous, on est ouvert et on va étudier la question le jour où il y aura du gaz naturel disponible», insiste-t-elle.

Au cabinet du ministre Arcand, on a confirmé qu’une rencontre a bien eu lieu. On nous a toutefois renvoyé au bureau du ministre de l’Environnement, David Heurtel, pour avoir plus d’informations sur le comité qui n’a jamais vu le jour. Silence radio du côté de M. Heurtel.