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La mondialisation de la Caisse, ça paye!

Le patron de la Caisse de dépôt, Michael Sabia.
Photo d’archives Le patron de la Caisse de dépôt, Michael Sabia.

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Rendons à Sabia ce qui est à la Caisse!

Sous la férule de Michael Sabia, depuis mars 2009, l’équipe de gestionnaires de la Caisse de dépôt et placement du Québec a su se démarquer en faisant croître l’actif net de la Caisse de quelque 117 milliards de dollars, pour atteindre les 248 milliards.

Au cours des six dernières années, les gestionnaires de la Caisse ont battu les indices de référence à cinq reprises sur six. Et l’année 2015 fut l’une de ses «meilleures» prestations alors que l’équipe Sabia a rapporté un rendement de 9,1 %, soit 2,4 points de pourcentage de plus que l’indice de référence de ses portefeuilles.

Pour apprécier à sa juste hauteur ce rendement de 9,1 %, j’aimerais rappeler que la Bourse canadienne a bouclé l’année 2015 en baisse de 8,3 %. Et le marché obligataire canadien, lui, rapportait à peine 3,5 %.

Autre point de comparaison révélateur, le rendement médian des caisses de retraite canadiennes a atteint pour sa part les 5,4 %, soit 3,7 points de pourcentage de moins que la Caisse.

Le secret

Quel est le «secret» de Michael Sabia et de ses gestionnaires-clés, les Roland Lescure (chef des placements), Daniel Fournier (filiale immobilière Ivanhoé), Andreas Beroutsos (placements privés et infrastructures), Christian Dubé (placements québécois), etc.?

La question mérite d’être posée parce que l’année 2015 fut particulièrement difficile en raison des incertitudes liées aux politiques monétaires, de la volatilité des devises, de la forte chute des prix du pétrole, du ralentissement de la croissance mondiale, de la sévère correction boursière de l'été dernier...

Le «secret» reposerait sur une sélection de placements de grande qualité et sur la mondialisation du portefeuille de la Caisse.

Pour vous démontrer à quel point la Caisse sous Michael Sabia s’est «internationalisée», sachez qu’en 2009, le poids du Canada dans le portefeuille de la Caisse s’élevait à 63,8 %. La portion du portefeuille consacrée aux titres étrangers se limitait ainsi à 36,2 %.

En 2015, les titres étrangers (hors Canada) accaparent 54 % du gigantesque portefeuille de la Caisse. Ce qui rabaisse le poids des placements canadiens à seulement 46 %.

Convenons qu’il s’agit ici d’un grand virage vers l’international. Sans surprise, la Caisse privilégie les États-Unis avec 26,6 % de l’actif net de la Caisse. Suivent ensuite les placements européens (13,8 %), les marchés de croissance avec 7,7 % et l’Australie (et autres) avec 6,0 %.

Coup de pouce

Quand on parle de pays étrangers, on fait automatiquement appel aux devises étrangères, notamment le dollar américain et l’euro. La dévaluation en 2015 du dollar canadien par rapport à ces deux devises a donné un important coup de pouce à la performance de la Caisse. Ce qui fut une stratégie payante puisque la Caisse ne protège son portefeuille contre les fluctuations de change.

Et le poids du Québec, lui, dans le portefeuille de la Caisse? En termes d’actif au Québec, la Caisse en détient actuellement pour une valeur de 59,7 milliards. Cela équivaut à 24 % de l’actif net de la Caisse.