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La santé qui fait mal

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Les 473 $ que chaque contribuable doit verser à Québec pour l’informatisation de la Santé commence à mal passer.

La vérificatrice générale du Québec (VG), Guylaine Leclerc, a encore émis des constats préoccupants sur le Dossier santé Québec (DSQ) jeudi matin.

Le DSQ s’inscrit dans le grand plan d’informatisation de la Santé. Cette informatisation, qui était promise pour 2011, à un coût de 543 M$, ne sera pas achevée avant 2021, pour 1,8 G$. Chaque contribuable québécois devra payer 473 $, a-t-on calculé, pour ce projet qui accumule les mauvaises notes.

En 2008, le VG se penche sur le Dossier santé Québec en établissant 12 recommandations pour en assurer la meilleure gestion.

Mais ce n’est pas tout.

En 2009, le VG constate que 7 des 12 recommandations ont donné lieu à des progrès «insatisfaisants». Le VG doute des échéanciers.

Mais ce n’est pas tout.

En 2010, le VG se dit «préoccupé par la façon dont le ministère gère ce projet et des conséquences en découlant sur sa mise en place». Il expose des «problématiques importantes» sur les échéanciers et les coûts.

Mais ce n’est pas tout.

En 2011, le VG écrit que «le projet sous sa forme définie à l’origine n’existe plus et, en ce sens, est un échec».

Mais ce n’est pas tout.

En 2013, le VG expose que les équipements et les ressources informatiques sont éparpillés. Ce qui ne «favorise pas l’imputabilité des entités quant à leurs résultats financiers».

Mais ce n’est pas tout.

Cela nous mène en 2016 (le jeudi 25 février). Le VG écrit alors que la «situation que nous avions décrite dans notre rapport de l’hiver 2013 est toujours la même. Par conséquent, nous réitérons la recommandation que nous avions alors faite au» ministère de la Santé.

Pour mieux illustrer ce problème de gestion portant sur l’imputabilité et l’éparpillement des actifs, le VG rappelle qu’il avait constaté en 2013, lors d’un transfert d’actifs, que l’Agence de santé de Montréal s’était vu imputer une perte de 38 M$ dont elle n’était pas responsable. C’est plutôt la Régie de l’assurance maladie qui avait reçu cet actif comme don.

Autrement dit, pour le ministère, il devient extrêmement difficile de faire un lien entre les «résultats financiers et la gouvernance de ces actifs», explique la VG. L’attribution des budgets, la reddition de comptes et la gouvernance peuvent se complexifier grandement avec un tel éparpillement.

En plus des nombreux constats du VG au fil des ans, quelques études ont démontré les problèmes du plan d’informatisation de la Santé du Québec. Le ministre Gaétan Barrette a lui-même qualifié le projet de «désastre» dans une entrevue accordée à la Montreal Gazette. Le projet «devrait être abandonné et restructuré», expliquait-il. Mais ça coûterait «un autre milliard de dollars», et l’argent n’est pas disponible, ajoutait le ministre.

L’informatique, en santé, coûte maintenant 979 M$ par année. C’était trois fois moins il y a 10 ans. Le Dossier santé Québec n’est pas complet, mais est accessible.

*Selon la définition officielle, le DSQ a pour but de rendre accessibles électroniquement aux professionnels de la santé habilités certaines informations cliniques pertinentes pour le suivi et la prise en charge des patients, quel que soit le lieu où la personne reçoit des services de santé au Québec.