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Au coin Ontario et Amherst vers 1910

Vers 1910

Vers 1910
Photo courtoisie, Coin Amherst et Ontario vers 1910, BAnQ, CP 5080 CON Vers 1910

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Aujourd'hui
Photo Le Journal de Montréal, Chantal Poirier
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La rue Ontario, coin Amherst

Vers 1910
Photo courtoisie, Coin Amherst et Ontario vers 1910, BAnQ, CP 5080 CON

Cette carte postale colorée à la main montre un coin achalandé de l’est de Montréal vers 1910. Sur le pavé, les rails des tramways des rues Amherst et Ontario se croisent. Voisine des rues Wolfe et Montcalm, la première rue porte le nom du controversé général Jeffrey Amherst, celui qui, le 8 septembre 1760, a reçu du gouverneur Pierre Vaudreuil la reddition de Montréal. La seconde rue ne tient pas son nom de la province, mais bien du grand lac, tout comme les rues Érié et Huron. Vers 1910, les petites échoppes d’épiciers, confiseurs, pharmaciens, tailleurs et teinturiers chinois abondent sur la rue Ontario. Quelques coins de rue plus à l’est, l’usine d’Alphonse Raymond est en construction. Si la mode des petits commerces perdure sur la rue Ontario, certains de ses bâtiments industriels ont été recyclés en fabriques artistiques. L’ancienne usine de confitures de M. Raymond héberge le théâtre de l’Usine C depuis 1995.

Au marché Saint-Jacques

Vers 1910
Photo courtoisie, Coin Amherst et Ontario vers 1910, BAnQ, CP 5080 CON

C’est dans un quartier enfumé par les industries qu’est érigé en 1872 le marché Saint-Jacques, œuvre de l’architecte Michel Laurent. À l’intérieur, les bouchers servent les ménagères pressées. Sous les pans de toiture à l’extérieur, les maraîchers tiennent leurs comptoirs débordants de fruits et de légumes. L’endroit étant de plus en plus achalandé, deux ailes sont ajoutées successivement au corps central du marché au tournant du XXe siècle. Plus qu’une simple halle alimentaire, le marché Saint-Jacques est un endroit vivant où de larges assemblées populaires prennent place. Lors de la désignation d’un candidat pour le comté ou lorsqu’un chef de parti donne un discours électoral, des centaines d’électeurs se réunissent au marché dans une ambiance propre à échauffer les esprits. Reconstruit en 1931 dans le style Art déco, le marché Saint-Jacques est un lieu populaire qu’affectionnent les habitants du quartier Centre-Sud.

Le clocher manquant de l’église

Vers 1910
Photo courtoisie, Coin Amherst et Ontario vers 1910, BAnQ, CP 5080 CON

Vers 1910, le flamboyant clocher de l’église du Sacré-Cœur-de-Jésus dresse ses 80 mètres sur la rue Ontario, à l’angle de la rue Plessis. Grand fléau des églises, le feu a emporté la fière flèche du Sacré-Cœur en 1922. Bien que l’église ait été restaurée en suivant les plans de son concepteur Joseph Venne, le haut clocher n’a pas été reconstruit. La naissance de la paroisse remonte au 11 décembre 1875. Attendant la construction de l’église, le premier curé, Arsène-Pierre Dubuc, s’installe dans un vieux moulin. Il doit composer avec des paroissiens plutôt «turbulents»: la plupart sont débardeurs, charretiers ou journaliers. Conséquence de la crise économique de 1874, le chômage prolongé entraîne des émeutes au marché Papineau. La crise retarde la construction de l’église, qui n’est inaugurée qu’au jour de Noël 1887. Hormis le clocher manquant, l’église gothique d’inspiration mauresque a bien été préservée, comme l’atteste l’intégrité de l’orgue Casavant datant de 1928.