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Encore plus d’élèves autistes

Leur nombre est passé de 429 à 832 en cinq ans dans les commissions scolaires de Québec

Laurence Beltrami est consciente que le parcours scolaire de son petit Mathis risque de ne pas être de tout repos. La mère de famille se réjouit toutefois de la «bonne collaboration» qu’elle a avec l’école jusqu’à maintenant.
Photo Le Journal de Québec, Annie T. Roussel Laurence Beltrami est consciente que le parcours scolaire de son petit Mathis risque de ne pas être de tout repos. La mère de famille se réjouit toutefois de la «bonne collaboration» qu’elle a avec l’école jusqu’à maintenant.

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Depuis cinq ans, le nombre d’élèves autistes a doublé dans les écoles publiques de Québec, a appris Le Journal.

Dans les commissions scolaires de la Rive-Nord, on compte actuellement 832 élèves autistes, comparativement à 429 en 2010-2011 (voir encadré).

La hausse semble être plus marquée à Québec que dans le reste de la province. Chez Autisme Québec, on s’explique bien mal cette augmentation. «C’est un mystère», lance Lili Plourde, directrice de l’organisme.

Il arrive parfois que des parents qui habitent en région déménagent à Québec afin d’avoir accès à davantage de services pour leur enfant autiste, avance-t-elle prudemment. «Mais si c’était ça, on verrait une augmentation semblable à Montréal», ajoute-t-elle. Or, à la Commission scolaire de Montréal, la hausse est plutôt de 41 % en cinq ans.

Ailleurs au Québec

Dans une dizaine d’autres commissions scolaires contactées par Le Journal, l’augmentation existe, mais elle est beaucoup moins forte, variant de 24 % à 73 % pour la même période.

Il a été impossible d’obtenir un portrait national récent au ministère de l’Éducation.

Par ailleurs, le taux de prévalence de l’autisme n’est pas particulièrement élevé dans la région de la Capitale-Nationale: il y est même inférieur à la moyenne provinciale. C’est plutôt en Montérégie que l’on retrouve le taux de prévalence le plus élevé, selon la Santé publique.

Manque de services

Dans le réseau scolaire, les écoles arrivent mal à répondre aux besoins de ces élèves, surtout dans un contexte de «coupe à blanc» des services à la suite des compressions, affirme de son côté Jo-Ann Lauzon, directrice de la Fédération québécoise de l’autisme. «C’est sûr que ç’a un gros impact», lance-t-elle.

À Québec, le père d’un enfant autiste poursuit la Commission scolaire de la ­Capitale parce qu’il a dû se battre pendant trois ans avant que son fils autiste ait accès à une classe spécialisée. Mais d’autres parents s’en tirent plus facilement (voir autre texte).

À la Commission scolaire de la Capitale, on assure tout faire pour mettre en place des services adéquats. Un comité de travail a été mis sur pied l’an dernier pour faire l’évaluation des besoins, indique la directrice des services éducatifs, Mireille Dion.


L’ajout d’une éducatrice spécialisée a tout changé

Le petit Mathis, 5 ans, a commencé la maternelle cet automne dans une école primaire de Charlesbourg. Ses parents ont rapidement eu un avant-goût des ajustements à faire pour que leur garçon autiste arrive à bien fonctionner à l’école.
 
«C’est difficile», lance sa mère, Laurence Beltrami. Mathis est entré en maternelle sans aide particulière, comme n’importe quel autre enfant. Mais après quelques semaines seulement, plus rien n’allait. Il ne participait pas aux activités, dérangeait le groupe et faisait des crises à l’occasion.
 
«L’école voulait le prendre seulement l’avant-midi, à temps partiel. Mais on travaille tous les deux, on a refusé», raconte Mme Beltrami.
 
C’est alors que la direction a accepté d’embaucher une éducatrice spécialisée, à temps plein, pour Mathis. Un «traitement spécial» peu habituel qui a tout changé, ajoute sa mère: «Mathis a commencé à beaucoup plus s’exprimer, à faire moins de crises. Ç’a vraiment beaucoup aidé.» 
 
Jusqu’à la fin de l’année
 
Cette éducatrice accompagnera toutefois Mathis à temps partiel pour le reste de l’année scolaire. La direction veut voir comment il se débrouille dans ces circonstances, afin de savoir s’il pourra bien fonctionner avec de l’aide à temps partiel l’an prochain. 
 
Sinon, il devra fréquenter une classe spécialisée pour autistes, dans une autre école du quartier.
 
On a aussi fait comprendre à Mme Beltrami qu’il était difficile de maintenir une éducatrice spécialisée à temps plein avec Mathis, puisque «d’autres élèves ont aussi des besoins».
 
Le jeune garçon devra recommencer sa maternelle l’an prochain, puisqu’il n’a pas les acquis pour passer en première année.
 
Même si le parcours scolaire de son fils risque d’être difficile, Mme Beltrami se réjouit de la «bonne collaboration» qu’elle a jusqu’à maintenant avec l’école. Elle s’estime bien chanceuse et est consciente que la bataille pour obtenir des services peut parfois être beaucoup plus ardue.
 

Nombre d’élèves autistes à Québec

 
  2010-2011 2015-2016  
C. S. de la Capitale 157 328 + 110%
C. S. des Découvreurs 115 219 + 90 %
C. S. des Premières-Seigneuries 157 285 + 82 %
Total 429 832 + 94 %
 

Nombre d’élèves autistes sur la Rive-Sud de Québec

 
  2010-2011

2015-2016

 
Commission scolaire des Navigateurs   148 240 + 62%
Commission scolaire Beauce-Etchemin 84 135 + 60%