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Trop de sucre favorise la progression du cancer du sein

Une consommation excessive de sucre résulte en un apport massif de fructose, ce qui est néfaste pour notre métabolisme

different types of sugar on black table
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En plus de son rôle bien documenté dans l’épidémie actuelle d’obésité, une étude récente montre que l’excès alimentaire de sucre crée des conditions inflammatoires propices au développement du cancer. 

Selon l’Organisation mondiale de la santé, les sucres ajoutés ne ­devraient pas dépasser 10 % de ­notre apport énergétique quotidien. Pour un adulte moyen qui consomme 2000 calories par jour, cela représente donc 200 calories, soit 50 g ou 12 cuillères de sucre. En Angleterre, on recommande même de limiter cette consommation à seulement 5 % de l’apport énergétique quotidien!

Cette limite peut s’avérer très difficile à respecter lorsqu’on mange quotidiennement des aliments transformés industriellement. Le pire exemple est sans doute les boissons gazeuses, avec plus de 40 g de sucre par canette, mais même des aliments comme les céréales, yogourts, pains, sauces ou encore vinaigrettes contiennent aussi des quantités ­appréciables de sucres ajoutés. La seule façon réaliste de limiter son apport en sucre ajouté est donc de cuisiner soi-même et de limiter au maximum la consommation de ­produits industriels, surtout ceux proposés par l’industrie de la malbouffe et des boissons gazeuses.

Impact négatif du fructose

L’importance de diminuer la consommation de sucres ajoutés vient des nombreux problèmes de santé qui sont associés à l’excès de sucre. Par exemple, une étude a ­récemment montré que les personnes qui consomment plus de 10 % de leurs calories sous forme de sucres ajoutés ont 30 % plus de risque de mourir prématurément d’une maladie cardiovasculaire1. Cette hausse du risque atteint même 275 % chez ceux pour qui le sucre représente plus de 25 % de leurs calories quotidiennes.

Sucre inflammatoire

Il semble que cet effet négatif soit en majeure partie causé par l’excès de fructose. Les sucres ajoutés sont généralement le ­sucrose (sucre de table), formé de 50 % de glucose et 50 % de fructose, et le high fructose corn syrup (HFCS), formé de 45 % de glucose et 55 % de fructose. Dans les deux cas, une consommation excessive de sucre résulte donc en un apport massif de fructose, ce qui est ­problématique pour notre métabolisme: le fructose est séquestré par le foie où il est transformé en graisse, ce qui entraîne des dérèglements importants des lipides sanguins et une hausse du risque de maladies cardiovasculaires.

En plus de son effet néfaste sur la fonction du cœur, des données récentes suggèrent que l’excès de sucre pourrait également hausser le risque de certains cancers. Par exemple, les femmes ménopausées qui consomment le plus de sucres ajoutés voient leur risque de cancer du sein hormono-indépendant augmenter d’environ 50 %2.

Pour mieux comprendre ce phénomène, une équipe du MD Anderson Cancer Center au Texas a examiné l’impact du sucrose sur la progression des tumeurs mammaires chez des modèles expérimentaux3. Ils ont observé que l’ingestion d’une quantité de sucre équivalente à ce qui est consommé en Occident ­provoquait une hausse marquée de l’incidence des tumeurs mammaires, ainsi qu’une augmentation de leur capacité à se répandre sous forme de métastases.

Cet effet procancéreux du sucre est dû à une hausse de l’activité de la 12-lipooxygenase, une enzyme impliquée dans la réponse inflammatoire et qui crée donc un climat d’inflammation propice à la progression des cellules cancéreuses. La hausse de l’inflammation ainsi que la progression accélérée des tumeurs mammaires sont observées lorsque le sucrose est remplacé par le fructose, ce qui suggère que l’effet procancéreux des sucres ajoutés est principalement dû à un excès de fructose.

Moins de sucre, plus de fibres

Il n’y a donc aucun doute qu’une réduction de l’apport en aliments contenant des sucres ajoutés est extrêmement positive pour la santé. Un effet bénéfique qui sera d’autant plus prononcé si cette réduction est combinée à une hausse de l’apport en aliments reconnus pour diminuer le risque de cancer, notamment les végétaux. Par exemple, une étude a récemment montré que les jeunes femmes qui consommaient régulièrement des fibres, autant solubles qu’insolubles, voyaient leur risque de cancer du sein diminuer de 15 %4.


1. Yang Q et coll. Added sugar intake and cardiovascular diseases mortality among US adults. JAMA Intern Med. 2014 ; 174: 516-24.

2. Romieu I et coll. Dietary glycemic index and glycemic load and breast cancer risk in the European Prospective Investigation into ­Cancer and Nutrition (EPIC). Am J Clin Nutr. 2012; 96: 345-55.

3. Jiang Y et coll. A sucrose-enriched diet promotes tumorigenesis in mammary gland in part through the 12-lipoxygenase pathway. ­Cancer Res. 2016; 76: 24-9.

4. Farvid MS et coll. Dietary fiber ­intake in young adults and breast cancer risk. Pediatrics 2016; 137: e20151226.