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L’autre chemin de Vincent Desharnais

Le défenseur format géant a fait le pari d’aller dans la NCAA pour atteindre la LNH

Vincent Desharnais, qui défend les couleurs de Providence College, dans la NCAA, rêve de jouer dans la Ligue nationale un jour.
photo courtoisie Friars de Providence College Vincent Desharnais, qui défend les couleurs de Providence College, dans la NCAA, rêve de jouer dans la Ligue nationale un jour.

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Vincent Desharnais se souviendra de la date du 9 juin 2012 jusqu’à la fin de ses jours. Lors de cette journée, le défenseur avait bon espoir d’entendre son nom aux quatre coins du Colisée Pepsi à l’occasion du repêchage de la LHJMQ. Par contre, le rêve s’est transformé en cauchemar pour le patineur qui était âgé de 15 ans à ce moment-là.

Toutes les formations du circuit Courteau ont levé le nez sur le Lavallois alors qu’ils ne pouvaient le sélectionner que pendant les huit premiers tours. La dure réalité frappa le jeune joueur de plein fouet.

«Quand j’ai constaté que mon nom n’était pas sorti, je me suis mis à pleurer dans les gradins, a raconté Vincent Desharnais. Tout le monde m’encourageait, mais j’étais ­inconsolable.

«Pour moi, c’était la fin du monde et ma carrière était terminée.»

Par la suite, le colosse de 6 pi 6 po et 210 lb a disputé une dernière saison avec le programme sports-études Ulysse. Puis, pendant un tournoi avec son équipe à l’Université Cornell, il a eu la chance d’assister à un match de la NCAA.

«J’ai capoté sur l’ambiance qui y régnait et le calibre de jeu était vraiment bon, a raconté Desharnais. À ce moment-là, j’ai réalisé que la LHJMQ n’était pas la seule porte d’entrée du hockey professionnel et que mes études allaient devenir ma ­priorité.»

« Quand j’ai constaté que mon nom n’était pas sorti, je me suis mis à pleurer dans les gradins. Tout le monde m’encourageait, mais j’étais inconsolable. » – Vincent Desharnais

Après sa campagne, il était de nouveau admissible à l’encan de sélection de la LHJMQ, mais il était hors de question pour lui de revivre une déception semblable à celle de l’année précédente.

«J’en voulais encore aux formations de la LHJMQ de m’avoir ignoré, a souligné ­Desharnais. Après avoir pris la décision de me joindre à la prep school de Northwood [État de New York], je n’ai plus jamais regardé derrière moi, même si certaines équipes ont tenté de me convaincre de ­demeurer au Québec.»

Du jeu pour hommes

Après une campagne à Northwood et une autre dans la BCHL, il a reçu une quinzaine d’offres de la NCAA, dont trois plus ­sérieuses, pour la saison 2015-2016.

«J’ai visité le campus de Providence dans la semaine qui a suivi leur conquête du championnat national et l’ambiance était spéciale, a-t-il souligné. Ce ne fut pas ­difficile de me convaincre.»

En septembre dernier, il a eu un choc lorsqu’il a donné ses premiers coups de ­patin avec les Friars.

«Les entraînements étaient très intenses et tout le monde voulait s’arracher la tête, même si on était des coéquipiers. C’était spécial», a-t-il souligné en ajoutant qu’il a eu besoin d’un mois pour s’adapter au style de jeu de la NCAA.

Il a aussi appris à vivre avec la réalité d’une recrue, soit de ne pas être en uniforme à tous les matchs.

«Ce n’était pas évident, a avoué le hockeyeur. Par contre, je démontre tous les jours à mes entraîneurs qu’ils peuvent ­toujours compter sur moi.»

La LNH toujours en tête

Après avoir été ignoré au dernier repêchage de la LNH, Desharnais sera à nouveau admissible cette année, mais il garde les deux pieds sur terre.

«Je ne cacherai pas que c’est un rêve d’être sélectionné et que je serais déçu de ne pas l’être, a-t-il mentionné. Si ce n’est pas le cas, j’aurai une meilleure chance de me faire remarquer par les dépisteurs la saison prochaine, car je serai utilisé plus régulièrement.»

Avec son physique imposant, il est possible qu’il ait besoin de quelques années avant d’atteindre son plein potentiel.

«Je me donne quatre ou cinq ans pour atteindre la LNH, a-t-il précisé. Pour le moment, mon objectif est d’obtenir de bonnes notes à chaque session tout en poursuivant ma progression sur la glace.»

Un titre national à défendre

Vincent Desharnais, qui défend les couleurs de Providence College, dans la NCAA, rêve de jouer dans la Ligue nationale un jour.
Photo d'archives
Les Friars de Providence College ont surpris le monde du hockey de la NCAA l’an dernier en remportant leur premier championnat national. Les hommes de Nate Laeman ont maintenant la lourde tâche de répéter leur exploit. 
 
Depuis le début de la campagne, ils démontrent qu’ils seront encore de sérieux prétendants aux grands honneurs. Les Friars (25-5-4) ont terminé à égalité au premier rang de la conférence Hockey East avec les Eagles de Boston College au terme du calendrier régulier qui a pris fin il y a quelques jours.
 
Leur rendement leur a permis d’obtenir une place dans le top 5 parmi toutes les équipes de la NCAA. 
 
«On ne ressent pas vraiment de pression additionnelle parce qu’on est les champions en titre, a expliqué le vétéran John Gilmour. On le voit davantage comme un beau défi. 
 
«On prend les matchs un à la fois et on tente de contrôler ­notre destinée en remportant des victoires.»
 
Avec une équipe qui compte sur neuf joueurs de dernière année, les Friars ont encore un noyau solide. Par contre, ils ont un bon bout de chemin à faire avant de pouvoir de nouveau soulever le trophée emblématique du hockey universitaire américain. 
 
Leurs séries commencent le 11 mars.
 
Changement de culture
 
L’arrivée de l’entraîneur Nate Laeman a complètement chambardé l’allure de la formation de l’État du Rhode Island il y a cinq ans. 
 
«Je m’en souviens très bien, car j’étais à ma première année à Providence, a souligné ­Gilmour. Avant son embauche, j’avais eu vent que les partys étaient fréquents chez les joueurs et que ça manquait un peu de sérieux. 
 
«Nate a changé complètement la culture de l’équipe. Tout le monde doit se défoncer à chaque entraînement et à chaque partie.»  
 
Il faut croire que Leaman a trouvé la bonne recette pour amener son équipe aux grands honneurs et apporter le programme de son école à un autre niveau.