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Les féministes font fausse route

Lise Thériault
MAXIME DELAND/AGENCE QMI

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On parle beaucoup de la ministre de la condition féminine Lise Thériault qui refuse l’étiquette de féministe. Et de la ministre Stéphanie Vallée qui elle aussi s’en distancie.

 Et là on apprend que des groupes de femmes veulent rencontrer la ministre pour lui faire comprendre les bienfaits du féminsime.

 

Depuis sa déclaration, la ministre se fait haranguer de toutes parts. Toutes sortes de personnes bien-pensantes lui recommandent des lectures. Moi j’aimerais leur proposer la lecture du livre-choc d’Elisabeth Badinter « Fausse route ».

Elisabeth Badinter est une des figures les plus connues et les plus respectées du MLF (le mouvement de libération de la femme) en France.

En 2005 elle a publié Fausse route, un essai percutant dans lequel elle accuse le mouvement féministe de faire ... fausse route. Et elle en dénonce les dérives.

 

« Nous ne sommes pas une espèce fragile à protéger à grand renfort de quotas » dit Badinter  . Tiens, tiens, ça ne vous fait pas penser exactement à ce que déclarait la ministre Thériault à la Presse canadienne. ?

Badinter reproche au mouvement féministe son « victimisme ».  Tiens, ça ressemble à du Thérialut, ça.

Badinter raconte que son père, féministe, lui disait tout le temps : « Accroche-toi avec les ongles. Travaille, tu obtiendras ce que tu voudras. Dans la vie, tu ne dois te laisser faire par personne. » Ça ressemble drôlement au « Let’s go, vas-y » de Thérialut.

 

Extrait de son entrevue au magazine Châtelaine,  :

Quand on soutient que les femmes sont plus à l’écoute, plus concrètes, etc., ne dénie-t-on pas aux hommes ces qualités ?
Exactement. L’homme devient alors le complément négatif de la femme. C’est une grande impasse. Je suis depuis longtemps imprégnée du propos de l’anthropologue Margaret Mead, qui dit que « quand un sexe souffre, l’autre souffre aussi  ». Je considère que le féminisme actuel fait fausse route chaque fois qu’il met l’accent sur la femme comme victime, ce qui implique une vision de l’homme comme bourreau.

Je ne suis pas dans la tête de Mesdames Thériault et Vallée. Mais se peut-il qu’elles soient comme Mme Badinter : profondément féministes dans leurs valeurs et leurs pensées mais farouchement loin du mouvement ?

On peut être indépendantiste sans être péquiste. On peut être progressiste sans vouloir avoir sa carte du parti socialiste.

Et on peut porter des valeurs féministes sans vouloir avoir sa carte de La Grande Sososolidarité Féministe Québécoise.

Personnellement, je ne me reconnais ni dans le discours de Françoise David, ni dans celui de Léa Clermont-Dion, ni Aurélie Lanctôt, ni celui de la FFQ.

Je suis féministe mais je ne me sens aucune solidarité avec mes soi-disant « sœurs de combat ».

J’ai envie de dire à Lise Thériault : « Let’s go. Vas-y. »

 

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