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Le frère de Justin Trudeau défend un membre présumé d’Al-Qaïda

Alexandre Trudeau appelle Ottawa à suspendre le renvoi d'un Algérien de 47 ans

Alexandre Trudeau
Chantal Poirier / Le Journal de Alexandre Trudeau

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OTTAWA | Le frère du premier ministre Justin Trudeau a exhorté mercredi dans une lettre ouverte le ministre fédéral de la Sécurité publique à surseoir à l’expulsion d’un Algérien soupçonné d’être un agent dormant d’Al-Qaïda, ce que ce dernier dément.

Documentariste engagé, de deux ans plus jeune que Justin, Alexandre Trudeau appelle Ottawa à suspendre le renvoi vers l’Algérie de Mohamed Harkat, ancien livreur de pizza de 47 ans.

Soupçonné d’allégeance à la nébuleuse islamiste, il avait été emprisonné de 2002 à 2006 en vertu d’une procédure canadienne antiterroriste d’exception, introduite dans la foulée du 11-Septembre, permettant aux autorités d’emprisonner indéfiniment sans accusation formelle des étrangers, ainsi que de les juger à huis clos.

Appelée «certificat de sécurité», cette mesure avait été édulcorée en 2007, car jugée excessive. Sa version modifiée, toujours décriée par les défenseurs des libertés civiles, a été jugée constitutionnelle par la Cour suprême en 2014.

Alexandre Trudeau est engagé aux côtés de M. Harkat depuis plus d’une décennie: dès 2005, il lui avait proposé de se porter caution pour sa remise en liberté conditionnelle, tout en combattant la loi controversée permettant sa détention.

Dans sa lettre publiée dans le journal Ottawa Citizen et adressée à Ralph Goodale, ministre fédéral de la Sécurité publique, Alexandre Trudeau écrit que les «certificats de sécurité» sont «fondamentalement injustes».

«Je suis totalement convaincu qu’actuellement (Mohamed Harkat) ne représente aucun danger pour la population ou la sécurité publique du Canada», souligne Alexandre Trudeau.

Un porte-parole du ministre Goodale a confirmé à l’AFP la réception de la missive, tout en refusant de discuter du sujet.

Son frère réagit

Interrogé sur le sujet, Justin Trudeau a remarqué que son frère «a les mêmes droits que tout autre citoyen de militer pour les causes auxquelles il croit».

«Nous allons suivre ce processus [d’examen du dossier de M. Harkat] avec la rigueur et le sérieux auxquels nos citoyens s’attendent», a ajouté le premier ministre lors d’une conférence de presse à Vancouver.

M. Harkat a toujours nié tout lien avec des organisations extrémistes et affirmé avoir quitté l’Algérie à cause des persécutions frappant son parti politique, le Front islamique du salut (FIS), dissous en 1992. Il est arrivé au Canada comme réfugié en 1995 après avoir vécu pendant cinq ans au Pakistan.