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Une «mule» coupable d’avoir importé 7,9 kg de coke

Elle a dit ignorer que la drogue était cachée dans ses valises

Jugement sur la culpabilité de Berthide Louis, une femme accusée d’avoir importé un beau gros 8kg de coke caché dans ses valises en revenant d’un voyage en Haïti.
Photo Le Journal de Montréal, Ben Pelosse Berthide Louis, mère monoparentale, a été reconnue coupable d’avoir importé 8 kg de cocaïne d’Haïti.

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Le témoignage invraisemblable d’une jeune mère ayant importé d’Haïti 7,9 kg de cocaïne risque de l’envoyer derrière les barreaux pour de nombreuses années.

Berthide Louis, une mère monoparentale de 23 ans, a juré qu’elle ignorait qu’en revenant de voyage elle cachait dans un double fond de ses valises des sacs remplis de drogue.

Quelqu’un s’est probablement servi d’elle, a témoigné la jeune femme lors de son procès.

Mais une série d’invraisemblances et de contradictions lui ont enlevé toute crédibilité, a tranché le juge Yves Paradis, hier au palais de justice de Montréal.

L’affaire remonte à 2012. L’accusée s’était fait fouiller en arrivant à l’aéroport Pierre-Elliot-Trudeau après que les douaniers eurent découvert des traces de drogue sur ses valises. La fouille s’est avérée fructueuse, puisqu’elle a permis de saisir la précieuse poudre blanche valant plus de 220 000 $.

«Je ne sais pas si je ne suis pas au courant que c’était dans mes valises», a-t-elle par la suite expliqué à un enquêteur.

Contradictions

Mais elle s’y est bien mal prise pour tenter de convaincre le juge de son innocence.

Elle a expliqué que, cette année-là, elle avait voyagé trois fois en Haïti. Or, elle vit de l’aide sociale, ce qui a fait sourciller le juge.

Berthide Louis est également allée dans un tout-inclus en République dominicaine cette même année. Et si elle avait d’abord dit que c’était un cadeau, elle a ensuite juré que l’argent venait d’un petit boulot de coiffeuse.

Et si l’accusée a insinué avoir été manipulée par une femme dont elle ne connaît que le prénom et qu’elle n’aurait jamais revue, les registres d’appels téléphoniques montrent qu’elle ne disait pas la vérité.

«Le poids des valises [vides, avec les sacs de cocaïne] était assez significatif pour que ça ne passe pas inaperçu», a d’ailleurs ajouté le magistrat, qui a toutefois ajouté que la drogue était visiblement destinée à quelqu’un d’autre, qui n’a jamais été identifié.

Berthide Louis, qui était accompagnée de nombreux proches, reviendra à la cour en mai, pour les représentations sur sentence.

La Couronne fédérale a annoncé que ce genre de crime vaut en général entre six et huit années de pénitencier.

Me Eric Coulombe de la défense n’a encore rien annoncé. Mais il a plaidé avec succès que sa cliente reste en liberté sous caution, jusqu’au jour où elle écopera de sa sentence.

«Il va falloir que son enfant soit laissé à quelqu’un de confiance», a-t-il conclu.