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Stratégie maritime: 300 millions $ pour développer 16 zones industrialo-portuaires

Jean D'Amour
Photo Agence QMI, JEAN-FRANCOIS DESGAGNES Jean D'Amour

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MONTRÉAL |  L’investissement de 300 millions $ annoncé jeudi par Québec pour implanter 16 zones industrialo-portuaires réjouit les municipalités et bien sûr les ports. À commencer par le plus important d’entre eux, celui de Montréal.

«Nous croyons au bien-fondé du concept même des zones industrialo-portuaires et nous nous réjouissons de ces investissements importants», a déclaré Sylvie Vachon, présidente-directrice générale de l’Administration portuaire de Montréal (APM).

L'activité portuaire, rappelle-t-elle, soutient 16 000 emplois et génère des retombées économiques de l'ordre de 2,1 milliards $ par année dans l’ensemble du Québec. «Les ports, comme celui de Montréal, sont de véritables moteurs pour l'attractivité des entreprises», a-t-elle ajouté.

«C’est un investissement qu’on réclamait! a réagi de son côté Michel Leblanc, président et chef de la direction de la Chambre de commerce du Montréal Métropolitain. Ça fait longtemps qu’on dit que les ports sont des actifs stratégiques.»

Michel Leblanc travaille depuis plusieurs années à revamper l’image et valoriser l’importance du port auprès des Montréalais. Longtemps mal aimé, perçu comme un obstacle pour accéder aux berges, le port commence à être vu pour ce qu’il est, croit-il: un précieux outil au cœur de la grappe logistique de transport, bien intégré aux rails et aux camions, et d’une grande importance économique pour les entreprises exportatrices.

«À mon avis, le port va devenir un actif encore plus stratégique avec ce plan», croit-il.

Un investissement concret

«Voilà un investissement concret dans des infrastructures stratégiques qui s'inscrit dans la mise en œuvre de la Stratégie maritime du Québec», a indiqué de son côté Françoise Bertrand, présidente-directrice générale de la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ).

La FCCQ a fortement appuyé la Stratégie maritime, espérant des retombées économiques dans plusieurs régions du Québec. Elle vise aussi à tirer un plus grand bénéfice des atouts maritimes du Québec.

Or, le Québec n'a jamais exploité le plein potentiel de son activité maritime, estime la Fédération. «Cette industrie contribue en outre à intensifier les échanges commerciaux avec de nombreux pays, ce qui stimule indirectement le secteur manufacturier», a soutenu Françoise Bertrand.

Un meilleur accès au monde pour les PME

La Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI) souhaite pour sa part que les PME puissent profiter d’un meilleur accès aux différents marchés extérieurs grâce au développement de ces zones industrialo-portuaires, et pas seulement les entreprises qui exportent.

«Les PME d’autres secteurs devraient aussi pouvoir en bénéficier, réclame Martine Hébert, vice-présidente principale et porte-parole nationale de la FCEI, par exemple en étant des fournisseurs des industries qui viendront s’installer dans ces zones, ou encore en participant aux travaux d’infrastructure qui y sont reliés.»

Le Saint-Laurent est un atout naturel exceptionnel, poursuit-elle, «susceptible de créer une diversité d’opportunités pour nos régions et les entreprises qui s’y trouvent».

Des sommes qui tombent à point nommé

Les municipalités du Québec font face à des défis de taille lorsqu’il est question d'investissement dans leurs infrastructures. Les 300 millions $ annoncés jeudi par Québec tombent à point nommé, estime l’Union des municipalités du Québec.

La mise à niveau des infrastructures portuaires fait partie des enjeux prioritaires, précise l’Union.

De son côté, le Conseil du patronat du Québec (CPQ) estime que le gouvernement du Québec lance aujourd'hui un signal fort. «Investir dans les infrastructures, et en particulier dans les plateformes logistiques, est une façon incontournable d'améliorer notre compétitivité», a rappelé le président-directeur général du CPQ, Yves-Thomas Dorval.

«Le Québec bénéficie d'une position géographique avantageuse, et la relance de l'économie maritime permettrait de nous positionner comme un corridor commercial majeur en Amérique du Nord pour accéder aux marchés mondiaux», a-t-il ajouté.