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Renverser l’autisme

Une mère est convaincue d’avoir renversé l’autisme de ses fils

Nathalie Champoux a réussi à guérir ses deux fils de l'autisme et vient de sortir un livre sur sa méthode
Photo Le Journal de Montréal, Ben Pelosse Après avoir, selon elle, renversé le diagnostic d’autisme de ses deux fils aînés, ­Nathalie Champoux a donné naissance à un troisième garçon.

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Refusant de croire au diagnostic irréversible d’autisme qui venait de tomber sur son fils aîné et qui menaçait son fils cadet, une mère de St-Bruno a entrepris des recherches qui l’ont menée vers une lueur d’espoir. C’est en suivant cette piste, basée notamment sur un changement radical des habitudes alimentaires, que Nathalie Champoux affirme avoir débarrassé ses deux fils de l’autisme. Aujourd’hui âgés de 7 et 5 ans, ses deux garçons présentent un développement tout ce qu’il y a de plus normal, dit-elle, voire supérieur à la moyenne.

Nathalie Champoux raconte son histoire personnelle et explique son approche biomédicale dans le livre Être et ne plus être autiste.
Photo courtoisie
Nathalie Champoux raconte son histoire personnelle et explique son approche biomédicale dans le livre Être et ne plus être autiste.

À quel âge avez-vous reçu le diagnostic d’autisme de vos deux garçons?

Mon premier garçon a reçu son diagnostic officiel en août 2011, quand il avait presque trois ans. Mon deuxième garçon faisait l’objet d’une présomption d’autisme, mais on n’avait aucun diagnostic officiel, car il était ­encore trop jeune. Pour poser un véritable diagnostic, il faut que l’enfant ait 18 mois ou plus. Mais il présentait les mêmes signes que son grand frère et je dirais même un peu plus.

Quels symptômes ­présentaient vos enfants?

Dans le cas de mes enfants, toutes les sphères de développement étaient entravées, c’est-à-dire le langage, la sociabilité, le côté moteur, ainsi que l’aspect ­affectif. Bref, les signes ­s’accumulaient et un jour, on a décidé d’aller confirmer les doutes qu’on avait.

Comment avez-vous réagi au diagnostic?

Quand le verdict est tombé, j’ai tout de suite posé la question à savoir si je pouvais faire quelque chose pour qu’un jour, mon garçon ne soit plus autiste. On m’a répondu que l’autisme était irréversible. Je suis partie avec ça et j’ai essayé de faire mon deuil, sauf que je n’y arrivais pas, alors un soir, je me suis dit que je devais être absolument certaine que je ne puisse rien faire pour améliorer leur bien-être. C’est comme ça que mes recherches ont démarré et que j’ai découvert qu’il y avait peut-être de l’espoir.

Quel genre de recherches avez-vous faites?

J’ai tapé deux mots-clés sur Google: guérir et autisme. C’est là que je suis tombée sur le témoignage d’une mère américaine, qui prétendait avoir renversé le diagnostic d’autisme de son garçon par une approche globale. Après ça, j’ai trouvé d’autres témoignages de parents de partout dans le monde. Ensuite, j’ai découvert qu’il existe beaucoup de médecins qui travaillent pour le DAN! (Defeat Autism Now!) aux États-Unis, mais au Québec, c’est très peu connu. Ils travaillent dans des cliniques privées et aident les autistes avec la méthode qu’on a choisie. Je me suis dit que si des médecins en parlaient, si c’était l’essentiel de leur pratique et s’il existait des cliniques pour les traiter, il devait bien y avoir une part de vérité derrière ça. Alors j’ai décidé d’essayer. De toute façon, je me suis dit qu’on n’avait rien à perdre.

L’approche biomédicale que vous avez utilisée se divise en trois parties. Quelle est la première étape?

La première étape a été de modifier complètement l’alimentation, parce qu’on se rend compte qu’aujourd’hui, tout ce que nous mangeons est très transformé et génétiquement modifié. On ajoute des hormones de croissance, des colorants, des pesticides, des stabilisateurs chimiques, du sucre raffiné, etc. On s’éloigne beaucoup de l’alimentation de nos ancêtres, donc il faut revenir à la base et retirer tous les produits laitiers, le gluten, le soja, les sucres raffinés, ainsi que tout ce qui est chimique et transformé.

À quel genre de diète vous êtes-vous astreinte?

Notre alimentation est essentiellement composée de fruits et de légumes, en abondance. Pour les protéines, on mange de la volaille et du poisson sauvage, des légumineuses, du quinoa, du sarrasin, de l’amarante, du millet et du riz. Notre alimentation est quand même très variée, très complète et très riche en vitamines et en minéraux de toutes sortes.

Quelle est la deuxième étape de votre méthode?

La deuxième étape, qui est très importante, est d’agir sur l’intestin pour le guérir et l’ensemencer avec de bonnes bactéries et des probiotiques en grandes quantités. Avec l’aide de notre naturopathe, j’ai donné à mes enfants plusieurs produits naturels qui ont eu pour effet de rééquilibrer le microbiote et de faire le ménage des mauvaises bactéries qui s’y trouvaient.

Quelle est la troisième et dernière étape?

La troisième étape a été l’élimination des métaux lourds. Durant mes recherches, j’ai découvert que les autistes avaient beaucoup de difficulté à éliminer les métaux lourds de leur organisme, parce que leur métabolisme est entravé. Il existe plusieurs métaux lourds dans notre environnement: dans la pollution, dans l’eau de mauvaise qualité et dans le plastique, par exemple. L’aluminium fait aussi partie des métaux lourds, donc j’ai changé toutes les assiettes, les spatules et les casseroles en aluminium. Je suis allée vers l’acier inoxydable, qui est sans danger, vers le bois et le bambou. Il y a différentes façons de faire la chélation, mais moi, je l’ai fait avec des plantes. Après ces trois étapes, il ne restait plus aucun trait autistique chez mes deux garçons, même si mon deuxième n’avait pas fait l’objet d’un diagnostic clair. Mes enfants ont maintenant un développement normal, confirmé par tous les spécialistes qui les entouraient.

Les résultats ont-ils été graduels ou radicaux pour vos garçons?

Je ne veux pas jouer sur le sensationnalisme, mais ç’a quand même été très ­rapide dans notre cas. Les premiers changements se sont produits dès les premières semaines. Mais pour parvenir à un développement parfaitement normal, ç’a pris un an. Mon aîné, qui ne parlait pas et ne disait pas maman à 3 ans, est passé du silence à des phrases complètes très rapidement. Mais il y a des gens pour qui ça va être plus long avant de voir des résultats.

Peut-on dire que vos enfants sont guéris?

Il ne faut pas utiliser le terme «guérir», car ce terme se rapporte à une maladie et l’autisme est plutôt un syndrome, une condition. Si nous retombions dans notre mode de vie d’avant, c’est certain que ça aurait un impact sur mes enfants, donc je ne parle pas de guérison, mais du fait que j’ai renversé le diagnostic d’autisme, que mes enfants sont aujourd’hui en parfaite santé et qu’ils ont un développement normal dans toutes les sphères de développement.

Considérez-vous que vos garçons ont une vie «normale», aujourd’hui?

Mon premier garçon va à l’école normale dans une classe normale, comme tous les autres enfants, sans accompagnement d’aucune sorte. Il a des ­résultats exceptionnels en classe. Mon deuxième garçon rentre à l’école l’an prochain et a un développement assez impressionnant pour son âge. Les deux font beaucoup de sport, alors qu’ils avaient reçu, plus jeunes, un diagnostic d’hypotonie. Ils font du ski alpin trois fois par semaine, de la natation et du vélo, alors que ce n’est pas ce qui était prévu pour eux.

Tous les enfants autistes peuvent-ils être débarrassés de l’autisme grâce à cette méthode?

Le spectre de l’autisme est très large, donc ce n’est pas une recette miracle qui peut s’appliquer à tout le monde de la même façon, mais ça reste sans aucun doute une piste à explorer. Mon témoignage est un message d’espoir.

Est-ce une méthode contraignante?

Oui, et c’est important de mentionner que ça demande une extrême rigueur. On ne peut pas appliquer la méthode à moitié et s’attendre à des résultats. En mode guérison, il faut être très rigoureux et ne pas donner un biscuit ou un verre de lait à notre enfant la fin de semaine, par exemple.

Pourquoi les médecins ne recommandent-ils pas cette méthode?

Il y a de gros lobbys derrière tout ça. Mais un médecin m’a dit qu’elle connaissait cette méthode depuis longtemps et qu’elle était heureuse que je l’aie appliquée et que je l’aie écrite, parce que ce sont des mamans comme moi qui vont arriver à changer les choses. Personne ne peut nous empêcher de dire la vérité, mais les médecins ne peuvent pas en parler, même s’ils y croient. Ils ont les mains liées, parce que ce sont des méthodes qui ne sont pas prouvées scientifiquement.

Qu’est-ce que l’autisme?

L’autisme, le trouble autistique ou plus généralement les troubles du spectre autistique (TSA) sont des troubles du développement humain caractérisés par une interaction sociale et une communication anormales, avec des comportements restreints et répétitifs. Les symptômes sont généralement détectés par les parents dès les deux premières années de la vie de l’enfant.

Source : Wikipedia

L’autisme en quelques chiffres...

Il y aura au cours des douze prochains mois plus de diagnostics d’autisme chez les enfants que de diagnostics de sida, de cancer et de diabète réunis.

♦ En 20 ans, les cas d’autisme ont grimpé de 600 % en Amérique du Nord.

♦ Un enfant sur 68 est touché et le taux de prévalence est de 1 garçon sur 42.

♦ Le taux de prévalence des personnes autistes varierait entre 90 et 120 individus sur 10 000, soit environ 1 % de la population.

♦ L’estimation de la prévalence du TSA au Canada, incluant les enfants et les adultes, est de 1 sur 94.

♦ En 5 ans, soit entre 2005 et 2011, le nombre d’élèves autistes scolarisés dans le secteur public au Québec a doublé. C’est aujourd’hui la catégorie d’élèves handicapés ou en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage (EHDAA) la plus représentée au Québec.

Sources: Fédération québécoise de l’autisme, centers for disease control et david suzuki, the nature of things