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Le Canada de 2016

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Les indépendantistes québécois, qui rêvent d’un gouvernement fédéral arrogant, centralisateur et insensible aux demandes du Québec, n’ont pas de quoi se réjouir à l’issue de la conférence des premiers ministres sur l’énergie qui vient de se terminer en Colombie-Britannique.

Les adversaires du fédéralisme aiment ça quand le Canada est divisé en “eux contre nous”. Mais cette fois, le Québec et l’Ontario collaborent étroitement à l’imposition d’une taxe sur le carbone comme moyen de réduire la production de gaz à effet de serre – et la Colombie-Britannique est de leur bord.

Au grand déplaisir des indépendantistes, qui adorent voir le reste du

Canada rejeter les demandes du Québec, c’est l’Alberta, ces temps-ci, qui est en demande – un pipeline – et la Saskatchewan qui chiale.

Québec dit non

Et c’est le Québec qui dit non au pipeline, tant qu’on n’aura pas étudié son impact sur l’environnement.

Pour ce qui est de voir le gouvernement Trudeau utiliser son pouvoir central pour imposer une politique de l’énergie aux provinces, pas de chance: Justin Trudeau a choisi la voie de la patience et de la recherche d’un consensus.

L’appui au OUI n’a dépassé la barre des 50 % qu’à deux reprises, au Québec, ces 25 dernières années: après l’échec de l’accord du lac Meech et à la suite du scandale des commandites – quand les Québécois se sont sentis trahis ou méprisés. Une fédération dans laquelle le Québec et l’Ontario jouent de concert, et où le fédéral use de tact et de doigté, est le pire scénario pour les séparatistes.

Un message important

La conférence des premiers ministres n’a accouché que de vœux pieux et de bonnes intentions – réduire les émissions de polluants – et elle reporte à plus tard les problèmes – comment y parvenir – qui divisent les provinces.

Mais elle a quand même lancé ce message: le Canada de 2016 est un pays où il y a peut-être moyen de «moyenner»...