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Rosemère sous-traite son service incendie

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Il n’y a désormais plus de pompiers employés par la Ville de Rosemère, qui a décidé hier soir de confier son service incendie en sous-traitance à Blainville pour les 20 prochaines années.

L’entente, dont l’effet est immédiat, entraîne la mise à pied de 41 pompiers.

Pour la mairesse de Rosemère, Madeleine Leduc, cette entente améliore la sécurité de ses citoyens, qui bénéficieront désormais d’un service incendie avec des pompiers en caserne 24 heures sur 24.

Jusqu’à présent, souligne-t-elle, les pompiers de Rosemère étaient de garde sur appel 50 % du temps, sauf cinq soldats du feu embauchés à plein temps.

«On n’aura aucun problème à respecter notre obligation d’avoir 10 pompiers en 15 minutes sur les lieux», assure-t-elle au Journal.

Grosse économie

Pourtant, aucun pompier de Blainville ne viendra séjourner dans la caserne de Rosemère. Mais la mairesse considère que les délais d’intervention ne seront pas plus longs. «La caserne sud de Blainville est collée au secteur nord de Rosemère», indique-t-elle.

Blainville a indiqué dans un communiqué qu’elle compte investir «à court terme» dans de «nouvelles ressources» pour assurer cette couverture élargie.

Rosemère voit aussi dans cette entente l’occasion d’économiser 30 M$ en 20 ans.

Son budget dédié au service incendie est en effet de 2,1 M$ par an jusqu’à présent. Désormais, elle paiera progressivement entre 525 000 $ et 1,5 M$ chaque année à Blainville.

«C’est une décision de bon gestionnaire de fonds publics. En 2015, nous avons fait une analyse de nos dépenses poste par poste et nous avons essayé de trouver ailleurs un meilleur service, 24 heures sur 24 sept jours sur sept», dit-elle, ajoutant que le nouveau système répond au schéma de couverture de risques.

La municipalité n’a pas encore décidé ce qui sera fait du bâtiment qui abritait jusqu’à présent la caserne de Rosemère.

Réactions

La mairesse admet que les pompiers n’ont pas bien accueilli la nouvelle.

«Ça a un peu brassé. C’est normal dans cette situation, à leur place, j’aurais réagi comme eux», a-t-elle avoué.

De son côté, le Syndicat des pompiers et pompières du Québec (SPQ-FTQ) a dénoncé «l'attitude cavalière de la Ville de Rosemère», par voie de communiqué mardi.

«L'attitude de la Ville de Rosemère est non seulement déplorable, mais complètement irresponsable», a déploré le président du SPQ-FTQ, Daniel Pépin. Les 38 pompiers de la Ville de Rosemère ont en effet reçu la visite d'un huissier, lundi, leur annonçant la fermeture du service et leur demandant de récupérer leurs effets personnels en soirée.

Selon le syndicat, une meilleure façon de procéder aurait été de fusionner les services sous forme de régies intermunicipales, comme cela a été fait par les municipalités de Roussillon-Sud, en Montérégie, par exemple.

«De cette façon, on maintient des points de services pour la population et on améliore le temps de réponse lors d'événement tragique», a mentionné M. Pépin.

Le président de l’Association des Pompiers de Montréal et du Regroupement des associations de pompiers du Québec, Ronald Martin, a vivement décrié cette décision de la Ville de Rosemère, qu’il qualifie de «déplorable» et d’«injustifiable» dans un communiqué publié mardi. Il a d’ailleurs demandé l’intervention d’urgence du ministre de la Sécurité publique et des Affaires municipales dans ce dossier.

«Les contribuables de Rosemère pourraient bien en payer le prix fort avec des augmentations significatives de leurs polices d’assurance contre les incendies et de responsabilité civile», a précisé M. Martin, ajoutant que l’absence de caserne sur le territoire de Rosemère aurait un impact sur le temps de réponse au feu, et ce, en dépit de l’entente négociée avec la Ville de Blainville.

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