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Médicaments génériques: haro sur le projet de loi 81

Jean Couru et son fils François
Photo Le Journal de Québec, Johanne Roy Jean Couru et son fils François, en commission parlementaire.

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«A nos yeux, le projet de loi 81 est un non-sens. On demande qu'il soit retiré», a pourfendu, mardi, le président et chef de direction du Groupe Jean Coutu, François Coutu, à propos du recours à un processus d'appel d'offres pour l'achat de médicaments génériques.

«Les chances que ce projet de loi soit retiré sont inexistantes. Vous êtes le plus grand distributeur de génériques au Québec. Pourquoi les ententes que vous négociez c'est bon pour vous, mais pas pour nous», a répliqué le ministre Gaétan Barrette en commission parlementaire.

M. Coutu n'a pas été le seul à émettre des objections. Le projet de loi 81, qui vise à réduire le coût de certains médicaments couverts par le régime public, est accueilli avec inquiétude par l'industrie pharmaceutique.

L'Association des manufacturiers et exportateurs du Québec a brandi la menace de pertes d'emplois pour le Québec, dans la mesure où les appels d'offres favoriseront le prix le plus bas, au détriment des fabricants pharmaceutiques québécois.

«On observe aux États-Unis et au Mexique une pression à la baisse des prix. Le Canada ne représente que 3% du secteur pharmaceutique mondial et le Québec, moins de 1%. Les meilleurs secteurs risquent d'y passer au Québec. C'est inévitable», a dit craindre le président de l'Association des manufacturiers du Québec, Eric Tétrault.

Pénuries appréhendées

Selon le président de Familiprix, Albert Falardeau, les frais de distribution des médicaments dans les 334 pharmacies de la bannière ont bondi de 42% depuis 2010. Un système d'appel d'offres pour l'ensemble des 1800 pharmacies québécoises exigerait une logistique «incroyable», susceptible de conduire à des pénuries de médicaments essentiels.

«On nous demande de jouer le jeu du libre marché au moment où le ministre contrôle tous les paramètres. Ce projet de loi veut ébranler le secteur des pharmacies, de la distribution et de la fabrication», a renchérit M. Coutu.

Le ministre Gaétan Barrette n'a pas été convaincu par ces arguments. «Il y a de marge bénéficiaire à chaque étape de la chaîne pharmaceutique. On paie trop cher», a-t-il martelé.