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Terre des femmes

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À entendre les organisatrices du récent Sommet des femmes, la situation des femmes serait catastrophique au Québec.

Ah oui?

Pourtant, lorsque je regarde ce qu’il se passe ailleurs dans le monde, je trouve que le sort des femmes québécoises est plutôt enviable.

Quand on se compare, on se console, comme on dit.

Fouet, viols et prison

Voici quelques manchettes tirées de l’actualité des dernières années.

«À Dubaï, une Norvégienne de 24 ans a été condamnée à 16 mois de prison pour avoir été violée.» (Le Monde, 27 juillet 2013)

«En Inde, une femme de 20 ans a été condamnée par un conseil de village à se faire violer par un groupe de 13 hommes, car elle a été surprise avec un homme d’un autre village.» (Le Monde, 23 janvier 2014)

«En Inde, deux sœurs ont été condamnées à être violées et exhibées nues, le visage peint en noir. On a voulu ainsi punir leur frère qui s’est enfui avec une femme mariée.» (Le Figa­ro, 28 août 2015)

«Une Saoudienne de 75 ans a été condamnée à 40 coups de fouet et à quatre mois de prison parce qu’elle a accueilli deux hommes qui n’étaient pas des membres de sa famille dans sa maison.» (AFP, 14 décembre 2009)

«Enceinte à la suite d’un viol collectif, une Saoudienne de 23 ans est condamnée à un an de prison et à 100 coups de fouet pour adultère.» (Saudi Gazette, 2 décembre 2011)

«Trois Iraniennes arrêtées pour avoir dansé dans un vidéoclip de la chanson Happy ont été condamnées à un an de prison et à 91 coups de fouet.» (Radio-Canada, 19 septembre 2014)

Pudeur obligatoire

«Un tribunal égyptien a condamné à six mois de prison deux danseuses recon­nues coupables d’incitation à la débauche pour des clips musicaux dans lesquels elles dansent de manière suggestive.» (Journal de Montréal, 4 septembre 2015)

«La police iranienne a lancé à Téhé­ran une nouvelle campagne contre le non-respect du code vestimentaire strict imposé aux femmes dans le pays. Des policiers se sont déployés sur les principaux axes de la capitale. Les femmes peuvent rece­voir des avertissements si elles ne portent pas correctement le voile obligatoire.» (Libération, 11 juin 2014)

«Les viols collectifs et les agressions contre les femmes se multiplient au Caire. Ces attaques sont organisées pour effrayer les femmes et les chasser de la sphère publique.» (Le Monde, 30 juin 2012)

«En Égypte, on assiste à une véritable chasse à la femme. Le viol, là-bas, est utilisé comme une arme politique.» (Au Féminin, 12 juillet 2013)

Des combats plus urgents

Les féministes québécoises disent que nous vivons dans une société macho, inégalitaire et patriarcale. Mais qu’en est-il de la situation des femmes dans les pays mentionnés ci-dessus?

Pourquoi les féministes occidentales ont-elles si peur de dénoncer la misogynie systémique qui perdure dans ces pays?

Pourquoi ce silence gêné des groupes féministes au lendemain des attaques de Cologne, par exemple? Est-ce parce que les agresseurs étaient étrangers?

C’est bien beau de débattre de la défini­tion du mot «féminisme». Mais il me semble qu’il y a des combats beaucoup plus urgents à mener...