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Deux travailleuses virées d’un chantier par sexisme

Le contremaître qui ne voulait pas de femmes sur le site a été licencié hier

L’attitude du contremaître sur le chantier de l’hôpital du Haut-Richelieu, ci-dessus, «n’a pas de bon sens», selon un travailleur rencontré.
Photo Dominique Scali L’attitude du contremaître sur le chantier de l’hôpital du Haut-Richelieu, ci-dessus, «n’a pas de bon sens», selon un travailleur rencontré.

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Deux tireuses de joints ont été expulsées d’un chantier en Montérégie par un contremaître qui ne voulait pas de femmes sur le site, et ce, la veille de la Journée de la femme.

L’incident a été confirmé hier par la FTQ-Construction qui a parlé à ses deux membres exclues. Le Journal avait été alerté un peu plus tôt par d’autres travailleurs.

Ces derniers ont été choqués par cette scène qui s’est déroulée lundi matin, sur le chantier de l’agrandissement de l’hôpital de Saint-Jean-sur-Richelieu.

«C’est ridicule, ça fait passer le monde de la construction pour des arriérés. Et juste avant la Journée de la femme, ça paraît bien mal», s’est indigné un électricien, resté anonyme pour ne pas perdre son travail.

Les deux tireuses de joints, employées de la compagnie Plâtrier S.L., se sont fait jeter dehors par un contremaître d’Installations VG inc. dont on ignore le nom.

Ce dernier leur aurait dit, devant d’autres employés, qu’il ne voulait pas de femmes «parce qu’elles dérangent les autres travailleurs», d’après ce que des témoins ont rapporté à l’électricien. «Pas mal tout le monde était indigné», a-t-il lâché.

D’ailleurs, les travailleurs n’en revenaient toujours pas hier. «C’est le talk of the town sur le chantier», a indiqué l’un d’entre eux, rencontré hier sur le site. «[Les deux femmes], nous, on les soutient à 200 %», a-t-il ajouté sous couvert d’anonymat.

Contremaître congédié

Mais le contremaître macho a rapidement subi les foudres de ses supérieurs.

Dans un communiqué, Installations VG inc. a qualifié son comportement d’«inacceptable» et l’a licencié hier matin.

«Nous avons une politique de tolérance zéro en ce qui concerne le harcèlement et la discrimination», a écrit le président de l’entreprise, Vincent Guimont, qui n’est pas entré dans les détails de l’incident.

Même discours chez Pomerleau, qui gère le chantier et a engagé Installations VG inc. comme sous-traitant. Le contremaître n’a désormais plus le droit de travailler sur les sites de Pomerleau, a indiqué l’entreprise au Journal par courriel.

«Personne n’a le droit»

La FTQ-Construction, elle, a ouvert une enquête. «Personne n’a le droit de mettre des filles dehors parce que ce sont des filles. On est rendu en 2016», a lancé le directeur général du syndicat, Yves Ouellet.

«On ne va pas laisser passer une connerie comme ça [...] Les filles doivent être réintégrées et j’espère qu’il y aura des excuses.»

Même si elles n’y étaient pas hier, les victimes pourront revenir sur le chantier bientôt. Selon le syndicat, elles se sont fait offrir une semaine de congé payé.

Les deux travailleuses n’ont pas voulu témoigner. Il a été impossible de joindre le contremaître.