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Le patron est «fier» de ses travailleuses discriminées

Elles ont été expulsées d’un chantier lundi par un jeune contremaître macho

Stéphane Leclerc
Photo Le Journal de Montréal, Dominique Scali « On est comme une famille », a indiqué Stéphane Leclerc, patron de la compagnie Les plâtriers LG, qui emploie les deux tireuses de joints.

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Le patron des deux tireuses de joints virées d’un chantier parce que ce sont des femmes, lundi en Montérégie, vante leur excellent travail, mais aussi leur courage d’avoir repris le boulot dès le lendemain.

«Je suis pas mal fier d’elles», a lancé Stéphane Leclerc, propriétaire de la compagnie Les plâtriers LG.

« [Les femmes] sont très bonnes. C’est un milieu excellent pour elles. Si je peux en embaucherd’autres, je le ferai. » – Stéphane Leclerc, Plâtrier LG

Les deux travailleuses dans la mi-trentaine l’ont appelé lundi pour l’alerter de l’incident. Indigné, il les a entendues raconter qu’un contremaître d’Installations VG inc. venait de les jeter hors du chantier de l’hôpital de Saint-Jean-sur-Richelieu. Malgré leurs 12 ans d’expérience chacune, il ne voulait tout simplement pas voir de femmes sur les lieux.

Cette réaction a suscité un tel tollé que des ouvriers ont alerté Le Journal. Installations VG inc. a licencié le contremaître le lendemain de l’incident.

«On est en 2016. C’est ordinaire comme geste», a réagi M. Leclerc.

Filles performantes

Ses employées étaient «assez choquées», a-t-il mentionné.

Toutefois, loin de s’effondrer, elles lui ont dit qu’elles voulaient retourner travailler dès le mardi, sur un autre chantier. Il a accepté tout de suite.

«Dès le lundi soir, ça allait mieux. Ce sont des filles fortes», a expliqué le patron de 49 ans.

Il a dit qu’une des deux travailleuses doit revenir lundi sur le site de l’hôpital. L’autre devrait rester sur son chantier actuel, plus proche de chez elle.

La réaction du contremaître macho est tout simplement injustifiable pour M. Leclerc, qui emploie 25 personnes, dont quatre femmes.

«Elles sont très bonnes. C’est un milieu qui est excellent pour elles. Si je peux en embaucher d’autres, je vais le faire», a-t-il souligné.

En apprenant ce geste, M. Leclerc s’est dit que le contremaître était «une personne restée accrochée à une autre époque».

Toutefois, Le Journal a appris que l’homme en question est âgé d’une trentaine d’années.

«La bêtise humaine n’a pas d’âge», a soupiré Diane Lemieux, présidente de la Commission de la construction du Québec.

Réaction « fantastique »

Mme Lemieux a toutefois souligné la réaction «fantastique» du milieu. Dans les 24 heures qui ont suivi son acte, le contremaître a été dénoncé par des ouvriers, licencié par sa compagnie, Installations VG inc., et banni des chantiers de Pomerleau, qui gère les travaux à l’hôpital.

«Cet évènement est symboliquement très fort. C’est comme si les gens s’étaient dit: ‘‘Tout ça, c’est terminé’’», a-t-elle déclaré.

Il n’a pas été possible de parler au contremaître.