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60 000 immigrants?

60 000 immigrants?
Photo agence qmi, simon clark

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Rien n’arrête le gouvernement libéral, surtout pas la décence.

Il envisage en ce moment une hausse des seuils d’immigration de 50 000 à 60 000 par année. Philippe Couillard a même été plus loin: nous n’aurions pas le choix.

Aussi bien dire qu’il a perdu tout sens de la mesure. Le Québec accueille déjà plus d’immigrants qu’il n’est capable d’en intégrer. La machine à intégrer est brisée. Tout simplement.

À Montréal, ce sont moins les immigrants qui s’intègrent aux Québécois francophones que ces derniers qui s’intègrent à un nouveau peuple montréalais bilingue et multiculturel. François Legault l’a bien noté: la hausse de l’immigration serait dangereuse pour le français à Montréal.

On devine que cela n’empêche pas le Parti libéral de dormir, qui rêve d’une province bilingue et multiculturelle, parfaitement compatible avec le Canada de Justin Trudeau, qu’on nous vend comme un Disneyland cosmopolite.

Multiculturalisme

Cette hausse massive de l’immigration s’explique d’abord politiquement. Le vote francophone s’est historiquement détourné du Parti libéral. Le Parti libéral préfère alors miser sur une immigration massive pour augmenter son électorat. C’est une stratégie efficace. Il a ainsi à peu près rayé de la carte le PQ de Montréal et de Laval.

Le Parti libéral cadenasse aussi démographiquement l’avenir constitutionnel du Québec. Car quoi qu’en disent les analystes qui portent des lunettes roses, les immigrants, massivement, sont fédéralistes. Ce n’est pas sur le point de changer.

Et ce n’est pas parce que les souverainistes ne sont pas assez ouverts, mais simplement, parce qu’ils arrivent au Canada, et que ce pays anglophone a une plus grande force d’attraction que le petit Québec francophone qui doute lui-même de son identité.

Apparemment, l’immigration massive serait nécessaire à notre prospérité. Mais c’est loin d’être une évidence.

En fait, les faits suggèrent le contraire. Le gouvernement s’appuie sur le discours du patronat qui y voit une main-d’œuvre nécessaire à l’économie québécoise.

Mais pour le patronat, les peuples n’existent pas. À la grandeur de la planète, les idéologues néolibéraux ne voient que des populations interchangeables qu’ils peuvent déplacer à loisir pour s’offrir selon les besoins du moment une main-d’œuvre à bon marché.

Déracinement

On déracinera alors les êtres humains pour les traiter comme de simples ressources humaines. Cette vision a joué un grand rôle dans la mutation démographique et politique de l’Europe, aujourd’hui minée par les tensions interethniques.

À travers cela, le poids des francophones diminue au Québec. Et ceux qui s’en inquiètent se font systématiquement culpabiliser. On les accuse de xénophobie, de racisme. En matière d’immigration, on ne tolère qu’une réponse: toujours plus!

Il devrait y avoir un front commun des nationalistes pour transformer notre politique d’immigration en profondeur. Le PQ comme la CAQ, en la matière, ont le même intérêt: réduire significativement les seuils d’immigration.

Devant l’arrogance du gouvernement libéral, ils devraient en parler franchement et calmement, en expliquant pourquoi l’immigration massive est contradictoire avec les intérêts vitaux du peuple québécois.