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Une infirmière coupable d’une relation amoureuse

Infirmière depuis 1999, Denise Caron a plaidé coupable et songe même à prendre sa retraite. Les deux parties ont recommandé une radiation de 6 mois.
Photo Le Journal de Montreal, Ben Pelosse Infirmière depuis 1999, Denise Caron a plaidé coupable et songe même à prendre sa retraite. Les deux parties ont recommandé une radiation de 6 mois.

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Une infirmière de l’hôpital Pierre-Le Gardeur a plaidé coupable d’avoir eu une relation amoureuse avec un patient de 66 ans, qu’elle a vu à au moins 17 reprises pour lui procurer des soins.

«Je regrette énormément ce qui est arrivé, a témoigné Denise Caron, la voix en sanglots. Je traîne cette culpabilité-là sur mes épaules depuis des années.»

Le cœur brisé

Visiblement envahie par les remords, l’infirmière a plaidé coupable à l’accusation d’avoir développé une relation amoureuse avec un patient devant l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ), hier.

Au total, Mme Caron a rencontré son patient à 17 reprises alors qu’elle était son infirmière. Selon son témoignage, la femme de 58 ans qui compte plus de 15 ans d’expérience songe même à quitter sa profession.

«Je devais prendre ma retraite en 2017, je crois que je vais la devancer. Je ne renouvellerai pas ma licence, ce qui m’arrache le cœur», a-t-elle dit.

L’histoire d’amour entre l’infirmière et son patient remonte en mars 2013. L’homme de 66 ans qui avait subi l’ablation de plusieurs organes subissait de l’hémodialyse trois fois par semaine à l’hôpital Pierre-Le Gardeur, à Terrebonne. Mme Caron était alors son infirmière.

La professionnelle avait d’abord refusé les avances du patient, sachant que cela contrevenait à son code de déontologie.

Soupers amoureux

Or, à la fin 2013, Mme Caron a fini par céder aux propositions du patient. Selon l’avocat du syndic, le couple allait souper au restaurant St-Hubert près de l’hôpital, lors des journées de traitements du patient.

Au fil des mois, la relation est devenue intime, puis amoureuse. L’homme lui a aussi envoyé des fleurs, et l’a invitée dans des repas familiaux.

En raison de cette relation, le patient a même demandé d’être transféré à l’hôpital de Joliette. Le couple s’est finalement laissé à l’automne 2015.

«Ce type de relation peut s’avérer extrêmement dommageable pour un client, a rappelé l’avocat du syndic, Yannick Chartrand.

«C’est une infraction extrêmement grave, intolérable et inappropriée», a-t-il dit.

À la suite d’une enquête interne à l’hôpital, Mme Caron a été suspendue trois jours, en mars 2014. Les deux parties recommandent une radiation temporaire de six mois. L’infirmière n’avait aucun antécédent disciplinaire.