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Création anémique d’emplois au Québec

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Lors de la campagne électorale qui l’a porté au pouvoir en avril 2014, Philippe Couillard avait promis de créer 250 000 emplois en cinq ans, pour une moyenne annuelle de 50 000 emplois.

Combien le gouvernement Couillard a-t-il créé d’emplois au cours de ses 22 premiers mois de pouvoir? Il a créé 70 600 emplois depuis avril 2014.

Cela mérite certes d’être souligné. Mais il n’y a pas de quoi se péter les bretelles avec cette statistique et voici pourquoi.

La grande majorité de ces 70 600 emplois ont été créés lors du premier exercice budgétaire du gouvernement, soit d’avril 2014 à mars 2015. Combien? Le nombre est de 59 100.

Si vous faites maintenant le décompte, c’est donc dire qu’au cours des 11 mois du présent exercice financier (d’avril 2015 à février 2016), la création d’emplois sous le régime gouvernemental Couillard se limite à seulement 11 500 emplois.

Convenons que l’équipe économique de Philippe Couillard accuse ainsi beaucoup de retard sur son objectif de création d’emplois. Elle est «victime» de sa propre médecine, soit de l’impact négatif sur un grand nombre de secteurs du «rigoureux» budget d’austérité 2015-16 du ministre Carlos Leitao.

PIRE À MONTRÉAL

En mars 2015, le taux de chômage au Québec atteignait les 7,5 %. Aujourd’hui, selon les données de l’emploi de février 2016 rapportées par Statistique Canada, le taux de chômage s’élève à 7,6 %.

Dans la grande région de Montréal, le taux de chômage atteint les 8,8 %. C’est presque 1 point de pourcentage de plus qu’en mars 2015 alors qu’il s’élevait à 7,9 %. Au cours des 11 derniers mois, il s’est perdu 2500 emplois dans la plus importante région économique du Québec. Pas fort!

Pendant cette même période des 11 derniers mois, allant d’avril 2015 à février 2016, il s’est créé 89 000 emplois au Canada. La province championne de la création d’emplois c’est... l’Ontario avec 71 700. Le taux de chômage ontarien a reculé d’un dixième de point à 6,8 %.

DES MESURES

Avec une création d’emplois anémique lors des 11 derniers mois, force est de constater que le slogan du gouvernement Couillard «Nous, notre plan, c’est l’économie» manque de réalisme!

Il n’est évidemment jamais trop tard pour essayer de relancer l’économie québécoise.

On verra la semaine prochaine, lors du nouveau budget 2016-17, si le gouvernement Couillard mettra de l’avant des mesures pour stimuler l’économie de la province, ou s’il osera se lancer de nouveau dans une autre grande vague de compressions budgétaires.

Son problème cette fois? Pour pouvoir présenter un budget équilibré, il aura besoin d’une hausse importante de revenus d’au moins 1 milliard de dollars, ne serait-ce que pour compenser l’augmentation de la rémunération consentie dans le cadre des dernières négociations avec les employés des secteurs public et parapublic.