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Le pouvoir du web à la façon de L.E.J.

Le pouvoir du web à la façon de L.E.J.
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Comme Justin Bieber, Lana del Rey et David Thibault auparavant, le trio féminin français L.E.J. a constaté l’immense pouvoir du web pour lancer une carrière. Mis en ligne il y a six mois sur YouTube, leur mashup des grands succès de l’été 2015 a été vu près de 45 millions de fois et a même attiré l’attention du prestigieux magazine Time.

Résultat: L.E.J. (prononcé Elijay), projet des amies d’enfance Lucie Brunet, Elisa Paris et Juliette Saumagne, est le ­phénomène de l’heure en France.

Jointe à Paris il y a quelques jours, Elisa n’en finissait pas de s’émerveiller de la notoriété complètement inattendue que leur a procurée la vidéo de Summer 2015, une séquence qu’elles ont tournée sur le bord d’une plage avec un violoncelle et un tambour. Sans exagérer, elle a ­certainement utilisé l’adjectif ­«incroyable» une bonne dizaine de fois durant les vingt minutes de l’entrevue.

«On a un peu la tête dans les nuages. On ne comprend pas trop ce qui se passe. Quand le Time a parlé de nous, nous sommes devenues folles de voir qu’il y avait un intérêt pour nous outre-Atlantique. Ça en dit très long sur la puissance d’internet et ça prouve que n’importe qui peut y arriver», s’enflamme Élisa.

Dans l’écurie Live Nation

Malgré ce qu’en dit Élisa, L.E.J. n’était pas complètement n’importe qui quand le clip de Summer 2015 a fait tache d’huile en ligne. Les trois musiciennes, dans la jeune vingtaine, publiaient des vidéos ­depuis déjà deux ans et avaient été repérées par Live Nation. Elles ont même fait la première partie d’un concert de Pharrell Williams, à Monaco, l’été dernier.

Mais c’était avant que le web en fasse des stars du jour au lendemain. Leur soudaine popularité a bousculé leurs plans, qui prévoyaient notamment l’enregistrement et la sortie d’un premier album de matériel original en 2016. En décembre dernier, L.E.J. a publié un album de reprises, intitulé En attendant l’album, qui a été certifié double platine en France. Selon Élisa, cet album n’était pas une façon de tabler sur le succès de leur clip viral.

«C’était surtout pour dire merci à tout le monde pour ce qui était en train de se passer. Et on avait beaucoup de ­demandes sur notre page Facebook de gens qui voulaient avoir nos reprises sur un support physique.»

De plus, l’album de reprises, ajoute ­Élisa, constitue un bon hors-d’œuvre pour l’album de matériel original.

«Ça va se ressembler, car on a mis dans notre album de reprises une grosse ­majorité de nos influences, qui sont les musiques américaines, le rap, le reggae. Il ne nous manque que le soul et le jazz.»

South By Southwest

Compte tenu de leurs influences, on ­devine les filles de L.E.J. fort excitées à l’idée de traverser l’océan pour venir se produire pour la première fois devant un public nord-américain. En plus d’un arrêt à Montréal, New York apparaît aussi sur leur itinéraire avant qu’elles ne mettent le cap sur l’important festival South By Southwest, à Austin, au Texas.

Ce sera pour elles une occasion en or de se faire valoir devant tout le gratin de l’industrie musicale.

«C’est un gros défi. Certains Américains avec qui on travaille et qui veulent faire des trucs avec nous n’ont pas compris quand on leur a dit qu’on partait là-bas. Ils étaient choqués. C’est vrai que nous sommes hyper angoissées, car c’est un festival énorme. De se retrouver là, c’est... juste wow!»

L.E.J. montera sur la scène du Petit Olympia, à Montréal, le 14 mars.