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Les partisans du CH boivent et mangent moins

Les mauvaises performances du Tricolore désolent les propriétaires des bars et restaurants sportifs

«Tout le monde est résigné. Les gens savent que le Canadien ne va probablement pas jouer dans les séries», dit Kyle Wilson (à gauche), barman au London Pub.
Photo Baptiste Zapirain «Tout le monde est résigné. Les gens savent que le Canadien ne va probablement pas jouer dans les séries», dit Kyle Wilson (à gauche), barman au London Pub.

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Les partisans du Canadien sont silencieux dans les bars et mangent moins d’ailes de poulet dans les restos sportifs depuis que leur équipe n’a presque plus aucune chance de participer aux séries, se désolent des commerçants.

«C’est un désastre», s’exclame Peter Sergakis, qui possède une quarantaine d’établissements à Montréal, dont les restaurants sportifs Station des sports.

Beaucoup de partisans ont le moral dans les chaussettes devant les mauvais résultats du Canadien.

Et cela se ressent dans le chiffre d’affaires de M. Sergakis.

Il dit rentrer moitié moins d’argent dans les caisses de ses restos sportifs

durant les soirées de hockey, et ce, depuis presque deux mois.

«Les fans sont frustrés. Ils sont moins intéressés et ils mangent moins. Même quand le Canadien “score”, ça ne crie pas, tu n’entends rien», se désespère-t-il.

Chances infimes

Il y a un mois, l’expert en statistiques Alain Bonnier donnait au Tricolore moins de 4 % de chances de jouer dans les séries, sur les ondes du 91,9 Sport. Depuis, les résultats en dents de scie n’ont rien fait pour améliorer ses chances.

Et comme le moindre match de séries remplit les restaurants de Peter Sergakis, il s’attend à «une grosse perte».

Dans tout le Québec, on parle d’une perte moyenne de 20 % du chiffre d’affaires chaque soir de séries sans les Glorieux, selon Renaud Poulin, président de la Corporation des propriétaires de bars, brasseries et tavernes du Québec.

«On est tous inquiets», lâche-t-il.

Pas d’embauche

Selon Steve Slozos, président de l’association des commerçants de la rue Crescent, au centre-ville, le chiffre d’affaires des bars peut même doubler quand la Sainte-Flanelle se hisse en finale d’association ou en finale.

«Mais la plupart des commerçants se préparent à ce qu’ils ne se rendent pas en série», résume le propriétaire du bar Stogies et du London Pub.

Il a l’habitude d’embaucher trois serveurs supplémentaires pour l’été. Quand le Tricolore brille, Steve Slozos anticipe et les engage dès février, afin de les former pour les séries.

Mais cette année, il n’a recruté personne.

«Ce serait mieux qu’ils perdent tous leurs matchs. Comme ça, ils auront un meilleur choix de repêchage et seront meilleurs l’an prochain», dit-il, résigné.