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Elle conduit et travaille après avoir perdu ses jambes

La jeune femme a été fauchée par un train à Montréal il y a un an

Grâce à son fauteuil roulant, ses prothèses et sa voiture équipée d’une option pour commander à la main les pédales d’accélération et de frein, Sarah Stott est désormais capable de se déplacer où elle veut.
Photo Facebook Grâce à son fauteuil roulant, ses prothèses et sa voiture équipée d’une option pour commander à la main les pédales d’accélération et de frein, Sarah Stott est désormais capable de se déplacer où elle veut.

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La jeune femme qui a perdu ses deux jambes et ses doigts après avoir été fauchée par un train à Montréal il y a plus d’un an peut désormais conduire une voiture et travailler sur un ordinateur. Elle a même passé l’été à pêcher.

«C’est fantastique. Avec ma voiture, je peux aller où je veux», lance Sarah Stott, 23 ans. Elle a acheté il y a quelques semaines une voiture dotée d’un système permettant de contrôler à la main les pédales d’accélération et de frein. Ses 10 doigts, bien que largement amputés, lui permettent malgré tout d’activer les commandes.

C’est un grand pas en avant pour celle qui a été victime d’un épouvantable accident le 8 décembre 2014 à Montréal.

Alors qu’elle rentrait à pied de son travail dans un pub du centre-ville, elle a traversé le chemin de fer du CN, près de la sortie du pont Victoria.

Autonome

Elle a trébuché en enjambant la voie ferrée et un train lui a sectionné les jambes. Elle a également perdu ses doigts, qui n’ont pas survécu aux engelures. Il faisait -14 °C. Ce froid mordant lui a paradoxalement sauvé la vie, puisqu’il l’a empêchée de perdre trop de sang.

À 2 h du matin, elle a crié à l’aide pendant trois heures avant d’être secourue.

Sarah Stott a ensuite passé deux mois à l’hôpital à Montréal et quatre mois dans un centre de rééducation, à Ottawa.

«Le pire est derrière moi. J’ai dû être patiente», dit-elle. Elle a dû réapprendre à tout faire sans ses jambes et avec ses 10 doigts largement amputés, comme attacher ses cheveux ou enfiler un soutien-gorge.

«Il y a un an, je ne pouvais pas aller à la salle de bain moi-même ou prendre une douche», se rappelle-t-elle.

Désormais, équipée de prothèses et d’un fauteuil roulant, Sarah Stott habite seule chez elle. Et elle n’a rien changé à son appartement, à l’exception d’un siège installé dans la cabine de douche.

Elle peut aussi se rendre elle-même à son bureau, dans une entreprise d’ingénierie où elle travaille sur un ordinateur.

Pêcher sur un rocher

Cette amoureuse de la nature n’a pas non plus abandonné sa passion. «J’ai passé tout l’été à pêcher», se souvient-elle, sourire aux lèvres.

Sur le lac Cole, près de Gatineau, elle a pris un plaisir fou à ferrer le poisson avec des amis depuis un bateau, et même perchée sur un rocher, débarrassée de ses prothèses.

«Je suis heureuse et reconnaissante. J’ai des gens autour de moi, j’ai plus que ce dont j’ai besoin [...] C’est dur parfois, mais tout le monde a ses problèmes. Ça aurait pu être pire», philosophe-t-elle.