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Éric Duhaime réagit à l'arrestation de Nathalie Normandeau

Quebec
Stevens LeBlanc/JOURNAL DE QUEBE

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Visiblement ébranlé, Éric Duhaime, qui animera dorénavant seul l’émission du midi au FM93, dit avoir «l’impression de vivre un cauchemar».

Prenant les ondes à 11h sans sa coanimatrice, Nathalie Normandeau, Éric Duhaime a cru «que la foudre» l’avait frappé à son réveil jeudi matin, lorsqu’il a appris en même temps que tout le monde que sa collègue venait d’être arrêtée par l’UPAC.

«Depuis ce temps-là (mon réveil), c’est comme un cauchemar. Je me dis : “Qu’est-ce qui vient d’arriver, ça se peut pas, c’est juste trop gros”», a-t-il avoué.

«J’ai une réaction mitigée aujourd’hui sur deux aspects, a confié l’animateur, quelques minutes après avoir diffusé en direct la conférence de presse de l’UPAC. En tant que citoyen, en tant que contribuable, si y a des gens qui ont fait des choses qui sont répréhensibles, qui sont criminelles, ben qu’ils payent pour, c’est pas moi qui va avoir de la sympathie pour eux. J’ai toujours eu la même ligne sur à peu près tout le monde, pis je changerai pas parce que je coanimais une émission avec une fille qui fait face aujourd’hui à la justice», a d’abord affirmé Éric Duhaime.

Tristesse et incompréhension

«Cela étant dit, vous le comprendrez, je suis un être humain. Ça fait 15 mois que je passe trois heures par jour dans un micro à parler à cette fille-là... On a fait ça depuis 15 mois, on est devenu émission #1 à Québec. Veut veut pas, tu développes des liens, c’est normal. Tu peux pas travailler avec quelqu’un pis l’haïr pour le tuer, pis penser que la personne est corrompue à temps plein. Aujourd’hui, c’est sûr que je vois le côté humain et que ça, ça me désole. C’est sûr que j’ai une tristesse par rapport à ça. Elle est devenue plus qu’une collègue de travail», a poursuivi l’animateur, qui admet se poser énormément de questions.

«J’essaie d’être le plus transparent possible aujourd’hui. Je n’ai jamais ménagé un politicien qui fait quelque chose de répréhensible, et c’est pas aujourd’hui que je vais commencer. Mais il faut aussi laisser la justice faire son travail... [...] J’ai beaucoup de questions aujourd’hui, comme vous, je pense. [...] Je suis un peu déboussolé, vous comprendrez. Je vais suivre ce procès-là avec beaucoup d’intérêt», a exprimé Éric Duhaime, qui compte bien parler avec Nathalie Normandeau aussitôt que possible.

«Elle n’est pas morte, certainement que je vais lui parler», a-t-il répondu à une auditrice.

Une distance hors des ondes

L’animateur a par ailleurs tenu à indiquer en ondes qu’il a toujours voulu garder une distance «en dehors du micro» avec sa collègue.

«Je n’ai jamais voulu avoir une relation de proximité avec la personne avec qui je coanime en ondes, a-t-il dit. J’ai toujours trouvé ça ben important de pas trop parler avec Nathalie, pis Nathalie avait plus de misère que moi à comprendre ça. Ça ne me tentait pas d’aller souper avec, de faire des activités sociales avec elle. Je voulais que nos échanges en dehors du studio se limitent au minimum, pour moi c’était important qu’on n’ait pas une complicité en dehors des ondes. C’est ce que moi je voulais, j’ai imposé ça.»

Retour sur leur «blind date»

Celui qui se retrouve désormais seul à la barre de l’émission du midi au FM 93 est revenu sur la première rencontre qu’il a eue avec Nathalie Normandeau, en 2014.

«C’était une espèce de blind date, après que le directeur de la programmation du FM 93 ait eu l’idée folle d’un duo entre Nathalie et moi. On s’était donné rendez-vous pour manger à Montréal. Évidemment, mes premières questions concernaient toutes les allégations qui étaient sorties à l’époque. Elle m’avait répondu en me regardant en pleine face qu’elle n’avait absolument rien à se reprocher. Et même ici, au micro, vous en avez été témoins, dès la première journée, on était en ondes, on en a parlé, on a même reçu Lino Zambito, je lui avais même donné 93 roses, et elle m’a dit, et je la cite : “Est-ce que tu crois, Éric Duhaime, que j’aurais accepté d’animer avec toi si j’avais quelque chose à me reprocher?”», a-t-il rappelé.

Pour moi, «y avait rien»

«À partir de là, moi, dans ma tête, c’était clair, y avait rien. Et quand il y a eu le rapport de la commission Charbonneau, il ne la blâmait pas. [...] Je l’ai beaucoup critiquée lorsqu’elle était politicienne. [...] Je me disais : si la commission a rien trouvé, j’imagine que y avait rien, on s’est énervés pour rien», a commenté Éric Duhaime, qui a soulevé s’être toujours demandé «pourquoi on était arrêté sur Nathalie Normandeau».

«J’ai toujours trouvé ça bizarre que les deux seuls politiciens provinciaux au Québec qui sont allés témoigner à la commission Charbonneau, c’était Julie Boulet pis Nathalie Normandeau.»

- Avec la collaboration de Nicolas Saillant

Vous pouvez écouter l'intégralité de l'intervention d'Éric Duhaime en cliquant ci-dessous.