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Élyse Lambert, sommelière olympique!

Élyse Lambert, sommelière olympique!
Photo Le Journal de Montréal, Pierre-Paul Poulin

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À un mois du Concours du Meilleur Sommelier du Monde qui se déroulera à Mendoza, en Argentine, Élyse Lambert, déjà Meilleur Sommelier du Canada et des Amériques, de loin notre meilleur espoir de Coupe Stanley du vin mondial, a accepté de nous rencontrer autour d’une bouteille.

 

On est à quelques semaines de la compétition. Comment va ta préparation?

35 dodos exactement! Je suis en mode révision. Ça va bien. Je me sens confiante. J'ai atteint mes objectifs de préparation. Je suis bien entourée.

Justement, est-ce que tu as un coach comme les athlètes de haut niveau?

J’ai plusieurs coachs! Carl Villeneuve et Jean Benoit Hinse organisent mes dégustations à l’aveugle. Alain Bélanger m’aide pour l’Allemagne et l’Autriche. Simon Beaulieu et Pascal Desjardins pour les spiritueux. Camélia Sinensis pour les thés. Philippe Houters pour les bières. Il y a aussi la gang de Cellier et les conseillers de la succursale Atwater avec qui je déguste régulièrement. Je vais au gym presque chaque jour. Des bonnes nuits de sommeil. Je fais attention à ce que je mange. Un esprit sain dans un corps sain. On est au niveau olympique!

Tu as pris part à plusieurs concours. Qu’est-ce qu’on fait de différent pour les Olympiques?

Je suis allée plus loin dans ma préparation mentale et physique. Je veux être en contrôle. Tout maîtriser, en sachant qu’on y arrive jamais. Si je tombe sur une embûche, je veux pouvoir contrôler, ne pas m’affoler, rester concentrée et continuer.

Et tes opposants? Tu as des stratégies pour les contrer?

Je sais qui sera de la compétition. Je sais que le calibre sera élevé, mais j'ai décidé de zapper sur les autres et me concentrer sur moi-même. Ça me fera plaisir de prendre un verre avec eux, mais après le concours!

L’épreuve que tu redoutes?

L'examen écrit. Les possibilités sont infinies. Impossible de tout savoir. En service, tu peux toujours t'en sortir. C’est le métier que je fais depuis toujours. La dégustation à l'aveugle, c'est difficile, mais j'ai ma méthode entonnoir que j’ai perfectionnée pour mon Master Sommellier. L’important, c’est d’en savoir plus que le voisin!

Quels sont tes modèles dans le monde du vin?

Gérard Basset, meilleur sommelier du monde 2010 et Master sommelier. L'exemple parfait d'humilité. Il y a aussi Jean-Marc Barreau, mon premier prof de sommellerie à l’ITHQ. Il m'a enseigné la gentillesse, l’accueil, l’attention des autres. Les fondements du service.

Ton vin de prédilection?

Il y en a beaucoup! Si je dois choisir: Bourgogne en blanc. Je n'ai jamais de fond avec cette région. Nebbiolo en rouge. Un cépage qui me ressemble.

Ton restaurant préféré

Le French Laundry en Californie. Ça a complètement dépassé mes attentes. Ça torche solide! À Montréal, c’est Graziella. Les meilleures pâtes en ville. On touche le ciel. Graziella a une rigueur qui m’inspire et me rejoint. Pas pour rien que j’ai choisi d’y travailler.

Ce qui t’attriste le plus?

Ceux qui s’improvisent restaurateur. Trop de gens qui ne savent pas ce qu’ils font. Je préférerais moins de restaurants, manger mieux et que ceux qui bossent bien puissent mieux en vivre. Les imposteurs ça tue l’esprit. Ça tue notre profession.

Ce qui te rend heureuse?

Un bon café le matin!

Musique?

Du classique. De la musique sans parole. Le silence, quand tu as la tête pleine, ça fait du bien!

Si tu gagnes, comment ça peut changer ta carrière?

Je n’y ai jamais pensé. Je me concentre sur le dernier droit. J’ai envie de vivre pleinement le moment présent. J'ai vécu une préparation hallucinante sur le plan personnel comme professionnel. J’ai hâte d’arriver à Mendoza. Si jamais ça arrive, je vais me laisser porter. On verra ensuite. J'ai gagné le Concours du Meilleur Sommelier des Amériques à Mendoza. Je pense que c’est un pays qui me porte chance...

vin plaisir

Pour offrir ou se faire plaisir

Dupéré Barrera, Nowat 2012, Côtes de Provence

★★★ ½ | $$$

Élyse Lambert, sommelière olympique!
Photo courtoisie

Nowat pour pas d’électricité. Tout est manuel, foulé à pieds et manipulé par gravité. Pas de chance de tomber sur une cuve thermo-régulée du genre NASA. Un assemblage de cabernet-sauvignon, syrah, carignan et mourvèdre donnant un vin généreux, assez dense, bourré de soleil, un poil rustique et capiteux en finale. Ensemble authentique authenticité et pourvu d’un équilibre exemplaire qui fait naître une irrésistible envie d’en reprendre un verre. Le vin pourra s’affiner quelques années dans votre réserve personnelle. Pas belle cette Provence, oui ou oui?!

14,5 % Pays | Vin rouge | 26,10 $

CODE SAQ : 10783096


Correct

★★ Bon

★★★ Très bon

★★★★ Excellent

★★★★★ Exceptionnel

Plus d’étoiles que de dollars: vaut largement son prix.

Autant d’étoiles que de dollars: vaut son prix.

Moins d’étoiles que de dollars: le vin est cher.

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