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La réforme Barrette nuit à la prévention du suicide

Jean-François Lisée
Photo courtoisie Jean-François Lisée

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Un organisme de prévention du suicide montréalais dénonce la perte d’une subvention annuelle de 150 000 $ qu’il dit directement causée par la réforme de la santé du ministre Gaétan Barrette.

Suicide Action Montréal offrait des formations en prévention du suicide pour les travailleurs de la santé. Mais l’an dernier, il n’a pas obtenu un sou pour ce programme et rien n’indique qu’il en recevra au 1er avril cette année.

«Nous avons perdu notre plus gros client, alors que notre situation financière est très fragile», déplore la directrice générale de Suicide Action Montréal, Fabienne Audette.

Le besoin est pourtant là puis­qu’en 2014-2015 Suicide Action Mont­réal a formé 351 personnes dans le système de santé pour leur appren­dre à réagir devant une personne suicidaire.

Disparue

L’organisme obtenait ces quelque 150 000 $ de l’Agen­ce de la santé de Montréal, disparue avec la réforme de la loi 10 au profit de cinq Centres intégrés universitaires de santé et des services sociaux (CIUSSS).

Ironiquement, Mme Audette rappelle que son organisme «est pourtant mandaté par le ministère de la Santé pour dispenser la formation recommandée par celui-ci à ses employés».

Bien qu’il offre des formations dans les commissions scolaires ou les prisons, Suicide Action Montréal, privé de son plus gros client, doit sabrer les heures de ses formateurs.

Fabienne Audette, Suicide Action Montréal
Photo courtoisie
Fabienne Audette, Suicide Action Montréal

« Régression absurde »

«Sur notre ligne d’appel, les demandes pour nos services augmentent de 36 %, mais notre budget, lui, n’est jamais augmenté, seulement indexé», dit-elle.

Le député péquiste Jean-François Lisée y voit une «régression absurde pour la prévention du suicide à Montréal». Surtout, dit-il, que dans les autres régions de la province où il n’y a qu’un CIUSSS, les organismes sont toujours subventionnés.

Il n’a pas été possible, dimanche, de joindre le ministre Gaétan Barrette ou le ministère de la Santé et des Services sociaux.