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Marine Le Pen, plus dangereuse qu’un prince saoudien?

DM marine le pen-02
Daniel Mallard/Agence QMI

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Le premier ministre, Justin Trudeau, n’hésite pas à vendre des chars d’assaut à l’Arabie Saoudite. Le président Hollande a décoré de la Légion d’honneur le prince Mohammed Ben Nayef. Toutefois, Marine Le Pen est fuite comme la peste ou le choléra en sol canadien et peine à rencontrer nos politiciens.

Je suis loin d’être un partisan du Front national (FN) et encore moins un admirateur de la dame, elle demeure cependant une parlementaire française dûment élue par sa population. Nous ne pouvons pas en dire autant des dirigeants saoudiens et cela n’empêche pas les salamalecs d’usage.

L’extrême droite est croissante en Europe et elle s’appuie de plus en plus en plus sur la classe ouvrière, bousculant du coup tous les schémas traditionnels de polarisation entre la droite et la gauche. Les ouvriers de France délaissent le parti socialiste (PS) pour glisser à l’extrême droite du curseur plutôt que de s’orienter vers la gauche plus radicale d’un Melanchon.

Elle s’est peaufinée cette extrême droite qualifiée de bon ton et elle occupe de plus en plus de place dans les parlements d’’Europe. Elle est même présente dans quelques gouvernements  dont sont issus des ministres de sa mouvance. Plus surprenant encore, c’est sa montée dans le berceau de la sociale-démocratie scandinave, principalement en réaction à l’immigration.

Face aux déboires économiques, elle est devenue une véritable valeur refuge pour tous les ouvriers et les paysans, considérant que leurs gouvernements de droite ou de gauche ont lamentablement échoué. Son succès repose sur le désespoir, car il est loin d’être acquis qu’elle saurait créer les conditions pour procurer de l’emploi et des conditions décentes de vie à tous ces malheureux en prenant le pouvoir.

Je comprends que nos politiciens ne voudraient pas être associés à des dérives d’autoritarisme qui rappelleraient le fascisme italien ou le national-socialisme allemand. Mais si on s’obstine à fréquenter les princes saoudiens qui tranchent les têtes et fouettent les opposants, l’aversion d’une rencontre avec la leader du FN m’apparaît démesurée. D’autres ponts devraient être coupés avant.

J’imagine Donald Trump qui séjournant quelques jours chez nous et  voulant rencontrer quelques élus pour mieux comprendre le Canada, mais  nos politiciens l’ignorent. Cependant, quelques mois plus tard, il devient démocratiquement le président des États- Unis. La côte à remonter serait abrupte pour renouer des relations avec le voisin.

Les populations d’ailleurs ne votent pas nécessairement comme nous le souhaitons, toutefois, elles exercent des droits démocratiques qui devraient inspirer notre respect pour les élus qu’elles désignent. Plutôt que de copier l’intransigeance de madame Le Pen, nos politiciens auraient intérêt là lui montrer notre ouverture au monde et à la nécessaire solidarité humaine.

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