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La retraite, à quel âge?

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Nous commencions tout juste à nous faire à l’idée qu’il nous faudrait travailler plus longtemps avant de toucher des rentes du fédéral, voilà que Justin Trudeau veut ramener à 65 ans l’âge légal pour prendre sa retraite. Ce devrait être annoncé demain dans le budget fédéral, annulant ainsi une politique de Stephen Harper qui voulait hausser l'âge de la retraite à 67 ans à compter de 2023.

Les conservateurs nous ont expliqué qu’au rythme où la population vieillit, on va droit dans le mur. Moins de travailleurs pour payer les vieux jours de plus en plus de retraités. On a compris que la caisse serait bientôt vide si on n’acceptait pas d’y contribuer plus longtemps. La mesure a fait jaser un peu, puis on est passé à autre chose.

Deux Québec dans un

Comme au Québec, on prend notre retraite vers 61 ans, la moitié des Québécois ne s’est pas sentie concernée par la mesure Harper. C’est l’autre moitié des travailleurs qui a pesté pour ces deux ans de plus à travailler. Ceux qui n’ont pas accès à un régime privé et qui dépendent des régimes publics. Car en matière de retraite aussi, on nage en pleine iniquité.

Travailleurs de la construction, camionneurs, monteurs de lignes, tous ceux qui ont trimé dur physiquement, ceux-là se rendent péniblement à 65 ans. On ne peut leur imposer deux ans de plus. Mais l’employé de bureau, 9 à 5, deux pauses, un lunch: pourquoi celui-là ne travaillerait-il pas plus longtemps s’il en est capable?

De trop jeunes retraités

Quand je vois des retraités de 55 ans, encaisser leur chèque de «pension» en gambadant joyeusement, je me dis que le système est mal fait. «Ils l’ont pas volé!». Tant mieux pour eux.

Mais qui se retrouve à payer des retraites dorées à des travailleurs qui pourraient continuer de contribuer? Les autres, travailleurs autonomes et du privé, qui n’auront pas le luxe de s’arrêter avant longtemps.

C’est d’une vraie politique de retraite flexible qu’on a besoin, qui tienne compte de la capacité de chacun d’en faire plus ou moins.