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Prières marquées par la tragédie

La Grande Mosquée de Bruxelles veut agir pour prévenir la radicalisation

BELGIUM-RELIGION-ISLAM
Photo AFP L’imam Ndiaye Mouhameth Galaye a condamné «avec fermeté» hier les attentats lors de la prière du vendredi. ­

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Bruxelles | Après les «Allahou Akbar» qui ponctuent la prière du vendredi, des «Vive la Belgique». Trois jours après les attentats, la Grande Mosquée de Bruxelles s’est engagée à «agir» face à la radicalisation, multipliant les symboles de solidarité avec les victimes.

Des drapeaux belges et un drapeau européen ont été hissés au-dessus de l’entrée de la principale mosquée de la ville. Dans la salle de prières, devant des centaines de fidèles, l’imam va droit au but: «Le sermon du vendredi sera axé sur l’actualité.»

Ndiaye Mouhameth Galaye condamne avec «fermeté» les attentats de Bruxelles et les «criminels» qui les ont commis, dit la «tristesse et la mélancolie» des musulmans et exhorte les fidèles à «donner leur sang» pour les victimes.

Sa mosquée, qui abrite aussi le Centre islamique et culturel de Belgique (CICB), ouvert en 1978, a été construite avec des fonds venant d’Arabie saoudite, dont l’islam rigoriste, est parfois décrite comme un terreau du djihadisme belge.

«Nous ne sommes pas financés par l’Arabie saoudite, nous sommes financés par la Ligue islamique mondiale, répond l’imam. Sur les 400 ou 500 jeunes qui sont partis en Syrie, il n’y en a pas un qui a étudié chez nous, observe-t-il. Ça se passe sur les réseaux sociaux, sur internet et ce sont d’anciens délinquants, des criminels», assure l’imam.

Programme

Après le choc des attentats, la mosquée a désormais décidé de mettre son influence au service de la lutte contre la radicalisation des jeunes. «Nous avons suffisamment condamné ce qui s’est passé à Paris et ailleurs, maintenant il faut agir, c’est la Belgique qui est touchée aujourd’hui», dit le chef religieux.

Le CICB a pour projet de lancer «un programme sur la radicalisation», qui aura pour but de «toucher surtout les jeunes», en faisant intervenir des «théologiens de l’islam modéré», notamment lors de conférences, explique-t-il.

Les détails ne sont pas encore finalisés, mais le projet est sur les rails, affirme l’imam, qui dit avoir déjà aidé souvent des pères de famille venus lui demander de l’aide pour leurs enfants en voie de radicalisation.

Des « braqueurs »

«On essaye d’entrer en contact, et on a déjà empêché plusieurs jeunes de partir en Syrie, qui sont d’ailleurs en train d’étudier ici maintenant», témoigne-t-il.

À la sortie de la mosquée, un jeune homme lance: «Un musulman n’est pas un terroriste.»

Les terroristes, «ce sont des dealers de drogue, des braqueurs», insiste Sohaib Ben Ayad, 25 ans. «On n’a pas à se justifier en tant que musulmans, on a aussi des proches qui ont été touchés à l’aéroport ou dans le métro», comme Loubna Lafquiri, jeune mère de trois enfants, morte mardi dans la station de métro de Maelbeek.