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La minute de silence

La minute de silence
photo afp

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Après chaque attentat, c’est toujours la même chose.

«Nos pensées et nos prières sont avec vous, nous offrons nos plus sincères condoléances aux proches des victimes, rien ne justifie des actes aussi barbares, etc.»

CESSONS DE PRIER ET AGISSONS !

Mais que se passe-t-il après? Tirons-nous les leçons de nos erreurs? Adoptons-nous les mesures nécessaires pour lutter contre l’intégrisme?

C’est ce que se demande Malek Boutih.

Député socialiste de l’Essonne, en France, monsieur Boutih (qui a déjà présidé l’organisme SOS Racisme) a déclaré il y a trois jours sur les ondes de RTL qu’il en avait marre des vœux pieux, des faces d’enterrement et des formules creuses.

C’est bien beau, les prières. Mais il faut aussi agir.

«Les politiques sont en train de regar­der le terrorisme comme un spectacle, a-t-il lancé. Je dis les choses avec force et solennité: ça suffit les minutes de silence comme simple

bilan politique! On n’arrête pas d’enchaîner des minutes de silence et, trois jours après, on retourne dans nos petites polémiques qui n’ont aucun intérêt.

«Si le gouvernement et les membres du Parlement ne se mettent pas au travail pour lutter contre les Molenbeek qu’il y a chez nous, on va vers des lendemains très difficiles. Il ne faut pas oublier qu’en face on a des gens qui essaient de nous détruire!

«Le temps est venu d’adopter des mesures concrètes pour lutter contre le communautarisme. Par exemple, il ne faut pas hésiter à mettre sous tutel­le les territoires où il y a un échec républicain.

«Dans ces endroits où les élus républicains ont échoué, où vous ne pouvez pas ouvrir un petit commerce et vendre du jambon parce qu’il y a des gens qui vous l’interdisent, où les femmes ne peuvent pas sortir comme elles veulent, l’État républicain doit reprendre les commandes.»

UN DISCOURS RADICAL ?

Ce n’est pas Marine Le Pen qui dit ça: c’est un député socialiste!

Pourquoi des pays acceptent-ils sans broncher que des ghettos communautaristes qui bafouent leurs valeurs les plus fondamentales s’érigent en leur centre?

Il faut dire que dès qu’un politicien dénonce ce genre de situation, il passe pour un facho fini.

Regardez ce que Michelle Ouimet a écrit il y a quelques jours...

Dépêchée en Belgique pour couvrir les lendemains de l’attentat, la journaliste de La Presse a vu des politiciens déposer des fleurs près de la station de métro où un kamikaze islamiste a tué 20 personnes en se faisant exploser.

«Le discours de ces politiciens était radical», écrit-elle.

«Ça fait 30 ans qu’on dit que l’immigration massive menace notre identité, a affirmé Dominiek Lootens. Certains quartiers comme Molenbeek sont complètement islamisés. Les musulmans en ont pris le contrôle.»

Euh... C’est radical de dire que des musulmans rigoristes ont pris le contrôle de certains quartiers en Belgi­que?

Si je me fie aux nombreux reportages que j’ai vus sur Molenbeek, dont celui tourné par Félix Séguin et Maxime Landry de TVA Nouvelles, c’est la réalité.

Pourquoi serait-ce radical de dénoncer ce genre de situation?

L’ENNEMI SANS NOM

C’est bien beau, les prières. Mais il faut aussi agir.

Or, comment peut-on lutter contre un mal qu’on ne peut même pas nommer?