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L’intégration des travailleurs immigrants

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La réalité des grandes, moyennes et même petites entreprises où la main-d’œuvre est cosmopolite dépasse de plus en plus le cercle de quelques grandes villes et s’étend maintenant à plusieurs régions. Or, ce sont souvent les premiers immigrants qui doivent abattre les barrières, particulièrement lorsqu’ils intègrent un emploi dans une région où l’immigration en est encore à ses balbutiements.

Les préjugés à leur égard sont malheureusement nombreux. On perd rapidement de vue qu’ils ont quitté leur terre natale dans l’espoir de faire mieux ailleurs. Dès le départ, ils ont un capital de volonté qu’il est essentiel de préserver afin de maximiser leurs chances de réussite et d’intégration dans la communauté d’accueil.

Comme l’a déjà mentionné M. Florent Francoeur, qui a été président de l’Ordre des conseillers en ressources humaines agréés de 1992 à 2015, il faut reconnaître que chacun a sa part de responsabilité en ce qui a trait au défi de l’intégration des travailleurs issus de l’immigration. Il rappelle le piège qui guette certains entrepreneurs qui accordent trop d’énergie à l’intégration d’une minorité de travailleurs au détriment de leurs confrères majoritaires.

En effet, il faut éviter de gérer la minorité comme si elle était la majorité et préconiser une approche claire au sujet des accommodements que l’entreprise est prête à consentir. Un travailleur musulman a le droit de s’arrêter pour prier, mais à la fin de la journée, il doit avoir accompli la même charge de travail que son voisin.

De plus, pour empêcher la création de ghettos, l’entreprise a avantage à jumeler l’immigrant qui amorce un nouvel emploi avec un collègue expérimenté ouvert à la diversité. Ces immigrants ont été sélectionnés pour leurs talents et leurs compétences. L’entreprise doit donc faire en sorte de bien les accompagner pour faciliter leur intégration et, surtout, pour les retenir. La pression est forte pour que l’on accueille plus d’immigrants au Québec. Nul doute qu’il y a encore du travail à faire pour s’apprivoiser mutuellement.

COMMENT FAIRE RECONNAÎTRE MES COMPÉTENCES ÉTRANGÈRES?

Une des principales difficultés auxquelles sont confrontés les nouveaux immigrants qui arrivent au Canada est la reconnaissance des compétences qu’ils ont acquises dans leur pays d’origine.

Dans ce contexte, la reconnaissance des compétences est avant tout la reconnaissance des diplômes. Ceux-ci doivent avoir été délivrés par une institution d’enseignement reconnue par le ministère de l’Éducation du pays d’origine. Les attestations données par une entreprise privée ne sont habituellement pas reconnues. Cela dit, mentionnez-les tout de même dans votre CV, car c’est un atout non négligeable. Sachez cependant que l’évaluation de certaines compétences peut prendre du temps et même occasionner des frais. La démarche en vaut toutefois la peine, car elle permet de mieux se situer par rapport au contexte québécois et permet à l’employeur de reconnaître à sa juste valeur la compétence que vous possédez.

Dans chacune des régions du Québec, des services de reconnaissance des acquis et des compétences sont disponibles. Ces services sont habituellement offerts dans les commissions scolaires et les cégeps. Ils sauront vous guider dans vos démarches de reconnaissance de vos diplômes auprès du ministère de l’Immigration. Ils vous apporteront aussi un soutien afin d’obtenir un diplôme d’études collégiales ou professionnelles, si vous le désirez, en évaluant l’expérience que vous avez acquise à l’extérieur du Canada. Comme chaque parcours est unique, ces organismes privilégient un accompagnement individuel pendant toute la durée du processus.

La reconnaissance des compétences est une démarche essentielle, mais compliquée. Souhaitons que ces procédures soient graduellement simplifiées, car elles génèrent leur lot de conséquences négatives, non seulement pour le titulaire du diplôme, mais aussi pour la société dans son ensemble.

APPRENDRE LE FRANÇAIS EN MILIEU DE TRAVAIL

La Charte de la langue française stipule que les entreprises installées au Québec doivent utiliser le français dans leurs communications avec le personnel. Les entreprises employant plus de 50 personnes doivent également se soumettre à un processus de francisation encadré par l’Office québécois de la langue française.

De façon générale, le milieu d’affaires québécois est réceptif à cette démarche de francisation, car il en tire plusieurs avantages tout en facilitant l’intégration des immigrants.

En plus d’améliorer considérablement le travail en équipe et les liens professionnels qui se tissent entre les employés, l’apprentissage du français permet une meilleure appropriation des cours de formation continue, ce qui augmente la productivité des travailleurs immigrants.

Parmi les nombreux moyens mis à leur disposition pour suivre des cours de français, il y a la formation sur les lieux mêmes du travail. Ces cours sont montés à l’intention des travailleurs immigrants et sont donnés à l’endroit et au moment où cela convient le mieux. Ils sont même offerts les fins de semaine! En plus du français de base et des principes de communication orale et écrite, ces cours peuvent également inclure la connaissance de la terminologie française adaptée à la tâche.

Les cours sont donnés par des enseignants qualifiés, conscients de jouer un rôle important dans la démarche d’intégration à la vie et à la culture québécoise de ces immigrants. Ce type de formation en milieu de travail fournit donc plus d’avantages que l’on pourrait imaginer.