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La GRC manque de policiers pour traquer les terroristes

La police fédérale évoque ses ressources «insuffisantes» dans un rapport

<b>Pierre-Yves Bourduas</b><br />
Ex-patron de la GRC
Photo d'archives Pierre-Yves Bourduas
Ex-patron de la GRC

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Débordée par l’ampleur de la lutte au terrorisme, la Gendarmerie royale du Canada constate que ses ressources policières sont «insuffisantes» pour suffire à la tâche.

C’est le cri d’alarme lancé par la GRC dans son rapport annuel 2016-2017 sur ses plans et priorités, qu’elle a déposé au ministre de la Sécurité publique, Ralph Goodale, au début de mars.

À bout de souffle, la police fédérale écrit que le statu quo «n’est pas viable», laissant clairement entendre qu’elle a besoin d’effectifs et de budgets additionnels pour remplir sa mission.

«Le nombre accru de dossiers liés au terrorisme, amplifiés par leur portée internationale et le risque potentiel sur la sécurité du public, a donné lieu à un besoin d’efforts d’enquête considérables», fait valoir le rapport de 114 pages présenté par le commissaire Bob Paulson.

La GRC dit avoir réaffecté à la lutte antiterroriste «plus de 600» policiers qui enquêtaient auparavant sur le crime organisé, le trafic de stupéfiants et la criminalité financière, depuis les attentats d’octobre 2014 à Saint-Jean-sur-Richelieu et à Ottawa.

Québec et Ontario touchés

Ce redéploiement à l’échelle du pays toucherait encore plus le Québec et l’Ontario. Il y a un an, Le Journal révélait que la GRC a dû retirer ses effectifs des escouades régionales mixtes de lutte contre le crime organisé, au Québec, pour les transférer aux enquêtes sur la sécurité nationale.

«Toutefois, ces ressources redéployées demeurent insuffisantes, sans compter que cela laisse un nombre limité d’employés à affecter aux enquêtes sur le crime organisé et les crimes graves», prévient la GRC.

Le nombre d’opérations d’écoute électronique et de surveillance antiterroristes a notamment explosé, passant de 3 en 2011, à 40 en 2014. Ces opérations coûtent «plusieurs millions $», selon l’ex-patron de la GRC au Québec, Pierre-Yves Bourduas.

Cet inquiétant constat précédait de quelques jours les attentats terroristes qui ont fait 32 morts en Belgique.

«Pas viable»

«À moyen et à long terme, cette cadence opérationnelle n’est pas viable et devra être corrigée au cours des années à venir», poursuit la GRC.

Plus tôt ce mois-ci, le gouvernement a octroyé une enveloppe budgétaire supplémentaire de 110 millions $ à la GRC, dont huit pour lutter contre la radicalisation.

«On ne peut confier un mandat [à la GRC] et lui demander de faire des miracles sans lui donner les ressources nécessaires pour le faire», a dit le ministre Goodale devant un comité de députés fédéraux, le 8 mars. Mais il a ajouté que le problème ne pourra être résolu «avec un seul budget».

La GRC prévoit que ses dépenses budgétaires s'élèveront à 2,9 milliards $ pour l'année 2015-2016.