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La prise de médicaments en hausse chez les travailleurs de la santé

La réforme Barrette montrée du doigt par la CSN

Barbara Poirier, présidente du syndicat CSN des employés au CISSS de Chaudière-Appalaches.
PHOTO: JOHANNE ROY Barbara Poirier, présidente du syndicat CSN des employés au CISSS de Chaudière-Appalaches.

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La prise de médicaments a grimpé de près de 30% chez les travailleurs du réseau de la santé dans la dernière année, conséquence directe de la détresse et de l'épuisement engendrés par la réforme Barrette, affirme la CSN.

En mars 2015, le montant des réclamations mensuelles s'élevait à 8,5 millions$, alors qu'il se situe aujourd'hui autour de 11 millions $ par mois, a fait état jeudi Louis Proulx, conseiller au comité des assurances de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN), qui représente 128 000 employés de la santé à travers le Québec.

«La réforme Barrette a un coût social énorme pour les travailleurs du réseau. La détresse psychologique est en hausse, ainsi que les problèmes musculo squelettiques», a signalé M. Proulx, au moment où le Conseil central de Québec Chaudière-Appalaches de la CSN traçait un bilan désastreux de cette première année de réforme majeure du réseau de la santé, ce, tant pour les travailleurs que pour les services à la population.

Au CSSS Alphonse-Desjardins, à Lévis, le nombre d'heures d'absence pour maladie a pratiquement doublé chez les employés de bureau et les techniciens et professionnels de l'administration, passant de 2434 à 4765 heures sur une période d'un mois, selon les données obtenues par la CSN.

À bout de souffle

«Je vois des employées brisées par la surcharge constante de travail, car il n'y a pas de remplacement. À la centrale de rendez-vous, à l'Hôtel-Dieu de Lévis, les secrétaires médicales sont à bout de souffle. Juste cette semaine, trois secrétaires doivent contacter 1300 patients pour un rendez-vous avec un médecin spécialiste, et ce, dans l'espace de 96 heures seulement. C'est du jamais vu!», s'est indigné la présidente du syndicat CSN des employés au CISSS de Chaudière-Appalaches, Barbara Poirier.

Elle a relaté le cas troublant d'une agente administrative dont le fils s'est suicidé, en décembre dernier. «Cette employée a avisé son supérieur qu'elle n'entrerait pas travailler. Après cinq jours d'absence, le jour des funérailles de son fils, elle a reçu un appel de l'employeur lui demandant de prouver qu'elle était inapte au travail. Je n'ai pas vu pareille situation avant la création du CISSS», a dénoncé Mme Poirier.

«Festival des yeux rouges»

Nathalie Côté, représentante syndicale à l'hôpital de l'Enfant-Jésus, a témoigné de l'épuisement des préposés aux bénéficiaires à l'unité des sciences neurologiques. «C'est le festival des yeux rouges! La nouvelle organisation des soins fait en sorte que deux préposés doivent s'occuper de 60 patients ayant des pathologies lourdes.»

«Les employés ne suffisent pas à la tâche, même pour les besoins de base des patients. On leur dit de faire une toilette minimale. C'est déplorable, dégueulasse. La population doit être mise au courant», a déploré Mme Côté.