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Sam Hamad et Marc-Yvan Côté: le Commissaire à l’éthique fera enquête

Silence radio de la part du premier ministre

Sam Hamad
Photo Le Journal de Montréal, Jean-François Desgagnes Sam Hamad

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Pressé par les partis d'opposition, le Commissaire à l'éthique et à la déontologie enquêtera sur les allégations dont le ministre Sam Hamad fait l'objet en lien avec Marc-Yvan Côté.

Le commissaire en a fait l'annonce en fin de journée, vendredi.

Accusé par l’opposition de s’être prêté à du trafic d’influence, M. Hamad s'était un peu plus tôt adressé de son propre chef au Commissaire à l’éthique afin qu’il fasse la lumière sur cette histoire.

Selon des messages dévoilés dans un reportage de l’émission Enquête, Marc-Yvan Côté aurait bénéficié de l’aide de son «ami» Sam Hamad afin que le gouvernement octroie une généreuse subvention à Premier Tech, en 2012.

M. Côté siégeait sur le conseil d’administration de l’entreprise du Bas-Saint-Laurent jusqu’à son arrestation par l’Unité permanente anticorruption (UPAC), le 17 mars dernier.

Le ministre Hamad, qui considère le reportage comme un «pétard mouillé», dit n’avoir rien à se reprocher.

«Dans un souci de transparence, j’ai acheminé une lettre au commissaire à l’éthique lui demandant d’effectuer toutes les vérifications nécessaires afin de faire la lumière sur ces allégations. Je lui offre toute ma collaboration afin de l’aider dans cette démarche», a déclaré M. Hamad, par voie de communiqué.

«Du trafic d’influence»

En point de presse à l’Assemblée nationale, au lendemain de la diffusion du reportage à Radio-Canada, le député péquiste Bernard Drainville a demandé à savoir combien de millions de dollars de plus l’entreprise Premier Tech a réussi à obtenir en prêt et subvention grâce à l’intervention de Marc-Yvan Côté auprès de Sam Hamad, à l’époque.

«C'est ça qui ressemble à du trafic d'influence», considère le leader parlementaire de l’opposition officielle, qui réclame à l’UPAC de faire enquête également puis au premier ministre Couillard d’exclure M. Hamad du conseil des ministres et de son caucus des députés.

Un test pour Philippe Couillard

La Coalition avenir Québec n’en demande pas moins. Selon le député de La Peltrie, Éric Caire, il s’agit d’un test de leadership important pour Philippe Couillard, qui au moment d'écrire ces lignes, n'avait pas encore réagi aux allégations visant celui qu'il a nommé président du Conseil du trésor, en début d'année.

«Chaque minute qui passe où Sam Hamad continue d'assumer des fonctions ministérielles assombrit le nuage qui plane au-dessus du gouvernement de Philippe Couillard, de l'ensemble de ses ministres et de sa formation politique qui, comme vous le savez, est aux prises, au moment où on se parle, avec un scandale d'argent sale», a déclaré le député caquiste.

M. Drainville en a profité pour rappeler que c’est nul autre que Sam Hamad, en tant que président du Conseil du trésor, qui est en charge de mettre en œuvre les recommandations de la commission Charbonneau.

«Quelle crédibilité Sam Hamad a-t-il de rester président du Conseil du trésor et responsable de la mise en œuvre des recommandations de la commission Charbonneau, a soulevé M. Drainville. [...] Moi, je pense qu'il ne peut pas rester ministre. Il ne peut pas rester ministre puis il peut encore moins rester président du Conseil du trésor. Ça n'a aucun bon sens. Sa crédibilité est très, très, très entachée.»