/finance/opinion/columnists
Navigation

On devient des «porteurs de poulet»

Coup d'oeil sur cet article

Quelle désolante transaction! Avec la vente des Rôtisseries St-Hubert à la société ontarienne Cara, on va devenir de simples «porteurs de poulet» qui vont enrichir les Ontariens.

Pas facile pour l’égo du Québec inc. de perdre le «roi» du poulet du Québec aux mains d’une entreprise ontarienne.

On aura beau me dire que le «siège social» des Rôtisseries St-Hubert restera au Québec, cela ne me rassure aucunement.

Il est où le siège social de Cara? Il est à Vaughan, dans la région de Toronto. Dites-vous que les grandes décisions concernant Les Rôtisseries St-Hubert, c’est à cet endroit qu’elles vont dorénavant se prendre. Et que l’avenir de l’entreprise québécoise repose maintenant entre les mains des deux actionnaires de contrôle de Cara, soit Fairfax Financial Holding Limited et The Phelan family.

UN SIÈGE ADMINISTRATIF ?

Ce ne sera pas le «siège social» des Rôtisseries St-Hubert qui restera au Québec, mais un simple «siège administratif» d’une filiale québécoise de la société ontarienne Cara.

Point à la ligne.

D’ailleurs, est-ce que la haute direction de Cara s’est formellement engagée à respecter un plancher d’emplois au siège social actuel des Rôtisseries St-Hubert? A-t-elle garanti par écrit que le siège social restera au Québec pendant X années?

Eh non! Cara va apprécier «notre» St-Hubert tant et aussi longtemps qu’elle en tirera de grands bénéfices.

Pourquoi le grand patron de St-Hubert, Jean-Pierre Léger, a-t-il préféré vendre l'entreprise familiale aux Ontariens alors que des investisseurs québécois avaient manifesté de l'intérêt?

LA CAISSE?

Pourquoi a-t-il préféré céder St-Hubert à Cara, dont le principal actionnaire de contrôle est le fonds d'investissement torontois Fairfax, au lieu de négocier avec un groupe québécois qui pouvait obtenir du financement de la part de la Caisse de dépôt et placement du Québec, ou du Fonds FTQ, ou d'Investissement Québec?

Ce n’est évidemment pas dans le mandat de la Caisse d’opérer des industries, des chaînes de magasins, des chaînes de restaurants...mais à l’instar de Fairfax Financial, la Caisse souhaitait contribuer au financement de l’acquisition des Rôtisseries St-Hubert par des intérêts québécois. Et elle avait manifesté son intérêt pour St-Hubert.

On parle d’une transaction qui s’est réglée pour 537 millions de dollars, et ce, pour une entreprise rentable, populaire et dotée d’un intéressant potentiel de croissance...

LE PROCHAIN FLEURON ?

Cela dit, ce fut hier une très mauvaise journée pour le Québec inc. Alors que le contrôle des Rôtisseries St-Hubert tombait entre les mains d’une société ontarienne, les actionnaires de RONA votaient en faveur de la vente de notre fleuron de la rénovation à la société américaine Lowe’s. Et en tête de file, on retrouvait notre Caisse de dépôt et placement du Québec, le principal actionnaire de RONA, qui a appuyé ladite vente aux Américains.

Après St-Hubert, RONA, le Cirque du Soleil, Alcan, Axcan Pharma, Logibec, Fido, Emergis, Bourse de Montréal, Industries C-MAC, Mine de fer Québec... quel sera le prochain fleuron à vendre sa peau?