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L’opposition est en retard

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Le gouvernement Couillard n’est pas sympathique. La patience des électeurs s’effrite. Des politiques impopulaires, un remaniement raté, des déclarations maladroites, et un relent de scandale qui persiste sont le menu d’un festin pour l’opposition. À mi-mandat, elle devrait être en train de bouffer ce gouvernement tout rond. Mais, ce n’est pas ce qui se produit. Pourquoi?

Malgré les assauts quotidiens – et souvent démagogiques – de l’opposition, le gouvernement Couillard tient la route. Il a perdu des plumes, mais il serait réélu. Comment ça?

Si c’était la faute des partis d’opposition? Ils ne sont pas là où les Québécois voudraient les voir – et ils ne parlent pas de ce que bien des Québécois voudraient entendre.

On aimerait que l’opposition ait un pied dans l’avenir, et qu’elle tire le gouvernement vers le haut. Qu’elle ait des idées fraîches, des stratégies nouvelles.

Pessimiste et tribale

Mais, non. Ces temps-ci, l’opposition est plutôt passéiste, pessimiste, étatiste et... tribale.

Dire que les libéraux se maintiennent grâce aux votes «ethniques» n’est pas plus acceptable aujourd’hui qu’en 1995 – et guère plus exact.

Entend-on, par exemple, l’opposition décrier les injustices faites aux immigrants diplômés? Se préoccuper du déclin des institutions anglophones en région? De l’égalité des chances à l’emploi? Non. Les seuls qui l’intéressent sont les «nous» majoritaires – qu’elle dit menacés de disparaître, d’être humiliés, assimilés, envahis ou achetés par des «étrangers» de l’Ontario. On récolte ce qu’on sème.

Tout a changé sauf...

Le Canada a changé, le Québec aussi. Pour le mieux. La démographie, la situation linguistique, l’économie ne sont plus ce qu’elles étaient en 1960. Pourtant, le PQ, la CAQ et QS critiquent tous le gouvernement à partir d’idées vieilles de plus de 50 ans – la Révolution tranquille, l’indépendance, le statut particulier – qui, toutes, postulent que la solution à tous les problèmes passe par le gouvernement du Québec.

Au lieu de déplorer que les gens se détournent de la politique, l’opposition devrait plutôt tenter de les rejoindre là où ils sont: dans le monde d’aujourd’hui.