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St-Hubert: pas un drame

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La vente de St-Hubert à une firme ontarienne me chagrine, mais ne me catastrophe pas. M. Léger est sans relève et aucun Québécois ne lui offre le pactole que vaut son entreprise.

Cara achète une chaîne prospère, bien implantée. Le fort réseau des St-Hubert lui permettra d’approvisionner mieux ses autres chaînes au Québec. Les emplois de St-Hubert ne sont pas exportables. On ne fermera pas à Ste-Foy pour ouvrir à Windsor. La transaction ne menace – un peu – que les emplois du siège social et les fournisseurs.

S’adapter

La force de St-Hubert a été son extraordinaire capacité d’adaptation. Le Québec voulait manger à domicile? La livraison! Le Québec était pressé? St-Hubert express! Un parfum d’exotisme? Le poulet Thaï! Trop bruyants, les restaurants? Le côté bar...

Récemment, St-Hubert se plaignait de ne pas trouver au Québec assez de poulets sans antibiotiques. Avec les Ontariens, les éleveurs québécois devront s’ajuster. La chaîne voulait aussi que ses clients puissent amener leur vin, tout en leur offrant un service de bar.

Le défi de Cara consiste à garder cette osmose avec le Québec qui a fait de St-Hubert une chaîne si fortement ancrée... et c’est la meilleure protection du siège social!

Vrai drame

Le vrai drame des fleurons québécois qui disparaissent existe pourtant. Mais il se joue discrètement, par des achats hostiles. Des étrangers mettent la main sur des brevets et des procédés de fabrication, ferment les usines et exportent les emplois et brevets aux États-Unis. Un transformateur d’aluminium et une cartonnerie novatrice ont disparu ainsi ces deux dernières années au Saguenay: 500 emplois envolés, silencieusement.

Au-delà de la fixation politique sur les sièges sociaux montréalais, Québec devrait dresser une liste de fleurons dont la vente mènerait à la délocalisation massive d’emplois et la perte de brevets et de cerveaux... et agir, au lieu de réagir!