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Jean Perron contre vents et marées

Au printemps 1986, l’entraîneur recrue menait le Canadien vers la conquête de la coupe Stanley

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CHANDLER | Il y a 30 ans, le Canadien causait une surprise en remportant la coupe Stanley avec plusieurs recrues dans la formation, dont l’entraîneur-chef Jean Perron.

Cette coupe Stanley de 1986, Perron l’a remportée contre vents et marées.

Contesté par quelques vétérans, il a su garder les mains sur la barre pour mener le Canadien vers un championnat inattendu, étant donné que l’équipe n’avait récolté que 87 points en saison régulière.

L’expression «contre vents et marées» est de circonstances puisque la longue entrevue que Jean Perron a accordée au Journal de Montréal a été réalisée à son domicile situé à Chandler, en Gaspésie.

L’homme âgé de 69 ans savoure la vie paisible qu’il mène dans le décor enchanteur du littoral de la Baie des Chaleurs. Il ne se plaint pas de se retrouver loin des réflecteurs.

Un vote de confiance judicieux

Il y a 30 ans, c’était une autre histoire. Perron a vécu un mois de mars mouvementé derrière le banc du Canadien.

Serge Savard avait dû intervenir pour calmer les ardeurs des joueurs qui réclamaient un changement d’entraîneur alors que les défaites s’accumulaient.

Le directeur général a dû mettre son pied à terre au cours d’une réunion qui s’était déroulée dans sa suite à l’hôtel, avant un match contre les Blues à Saint Louis.

Savard a eu raison d’accorder un vote de confiance à Perron puisque le 24 mai, le Tricolore remportait la 23e coupe Stanley de son histoire avec, comme héros, deux recrues, Patrick Roy et Claude Lemieux.

Perron est alors devenu le 13e entraîneur de l’histoire et le quatrième du Canadien, après Toe Blake, Claude Ruel et Al McNeil, à gagner la coupe dès sa première année.

« Ma meilleure décision a été de faire confiance à Patrick Roy, qui n’avait que 20 ans »

Né sous une bonne étoile

«Ma meilleure décision a été de faire confiance à Patrick Roy, qui n’avait que 20 ans et qui devait composer avec un ménage à trois devant le filet», a raconté Perron.

«J’ai dû insister afin qu’il amorce la saison à Montréal. Serge (Savard) le voyait plutôt poursuivre son apprentissage à Sherbrooke, si je me souviens bien.

«La présence de Roy ne faisait pas l’affaire de tout le monde dans le vestiaire. Steve Penney avait mal digéré ma décision», a-t-il souligné.

«J’avais eu l’occasion de voir Roy à l’œuvre à plusieurs reprises avec les Canadiens de Sherbrooke et j’avais été conquis par sa détermination. On peut dire qu’il carburait à la pression.

«J’ai toujours pensé que je suis né sous une bonne étoile, a poursuivi Perron. Je me suis retrouvé derrière le banc du Canadien en même temps qu’un joueur phénoménal est apparu sur l’écran radar.»

Une blessure qui ouvre la porte

Perron a rappelé que Penney s’était blessé à la fin du camp d’entraînement. Ça lui avait donc fourni l’occasion d’utiliser les services de Roy lors du match inaugural de la saison à Pittsburgh, que le Canadien avait remporté par la marque de 5 à 3.

«Penney s’est ensuite blessé à un genou en fin de saison et j’ai dit à François Allaire de bien préparer Patrick parce qu’on allait amorcer les séries avec une recrue devant le filet», a relaté Perron.

« Il faut croire que les planètes étaient bien alignées puisque Roy a remporté le trophée Conn Smythe, quelques semaines plus tard,» a-t-il lancé en esquissant un large sourire.

Jean Perron réside à Chandler depuis quatre ans. Ce déménagement est lié à l’amour qu’il porte à sa conjointe Carole. Il aime jouer au golf l’été et il s’adonne à la chasse à l’automne. Il vient faire un tour à Montréal une fois par mois pour respecter divers contrats, dont des engagements avec la compagnie de transport Maislin. Les routes 132 et 20, il les connaît par cœur.