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Mats Naslund: un gagnant né

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Mats Naslund a été un modèle de constance puisqu’il a obtenu 612 points en 617 matchs de saison régulière avec le Canadien, en plus d’une récolte de 92 points en 102 parties éliminatoires.

Il a gagné partout où il est passé puisqu’il a été couronné champion olympique en 1994 aux Jeux de Lillehammer, champion de la coupe Stanley en 1986 et champion du monde en 1991, sans oublier les championnats remportés dans la Ligue élite de la Suède avec l’équipe de Malmö.

Naslund a aussi gagné la médaille d’or à titre de directeur général de l’équipe nationale de la Suède aux Jeux olympiques de Turin en 2006, ainsi qu’aux championnats du monde.

«Je suis fier d’être identifié comme étant un gagnant, a-t-il confié. La conquête de la coupe Stanley a été, sans aucun doute, la plus importante parce que les séries dans la LNH sont un marathon.

«Je me considère vraiment chanceux d’avoir pu remporter la coupe, surtout lorsque je pense que des joueurs illustres comme Borje Salming et Marcel Dionne n’ont jamais eu le bonheur de la soulever. Il faut se retrouver au bon endroit au bon moment.»

Une source d’inspiration

Naslund était un joueur très populaire auprès des partisans.

«Étant le premier Européen à jouer pour le Canadien, j’ai été vite accepté autant par les francophones que par les anglophones», a-t-il souligné.

«Il régnait un climat politique plutôt particulier au Québec durant les années 1980 et on me considérait alors comme un gars neutre.»

Les succès du petit attaquant ont inspiré plusieurs Québécois, dont Martin St-Louis. Il se souvient d’une rencontre à Laval.

«Je lui avais remis l’un de mes bâtons, a rappelé Naslund. St-Louis a connu une belle carrière dans la LNH et je suis fier de savoir qu’il a porté le numéro 26 en mon honneur. Je pense que plusieurs clubs avaient commandé des dossards numéro 26 de petit format en mon honneur...»

Malgré sa petite taille, Naslund n’a raté que 23 matchs en huit saisons avec le Canadien.

Il avait du coeur, le p’tit Viking, et il a fait taire tous ceux qui affirmaient que les joueurs européens étaient frileux devant le jeu robuste de la LNH.

Un Retour en Europe

En 1990, Naslund a choisi de quitter le Canadien pour aller jouer à Lugano, en Suisse. Il n’y est resté qu’une seule saison avant d’aller jouer chez lui, à Malmö, durant trois campagnes.

«Je touchais le même salaire en Suisse qu’à Montréal pour disputer deux fois moins de matchs», a-t-il fourni comme explication pour avoir quitté la LNH.

Naslund jouait en 1994-95 à Malmö lorsqu’il s’est fait remarquer par la qualité de son jeu durant une tournée organisée par Wayne Gretzky en Europe.

«On avait vaincu la bande de vedettes à Gretzky et j’avais récolté deux buts et deux mentions d’aide au cours de ce match hors-concours», a-t-il rappelé.

«Les dirigeants des Bruins avaient

décidé de m’offrir un contrat pour un montant de 400 000$. C’était comme si je venais de gagner à la loterie. J’avais contacté la direction du Canadien mais on ne voulait pas de moi à un tel salaire.

«Je suis revenu jouer dans la LNH durant une demi-saison, avant d’accrocher mes patins pour de bon, même si j’avais récolté 22 points en 34 rencontres. Je n’ai jamais regretté les décisions que j’ai prises tout au long de ma carrière.»

Mats Naslund a été un joueur dominant pour le Canadien dans les années 1980 et il revient toujours à Montréal avec grand plaisir.
photo d'archives
Mats Naslund a été un joueur dominant pour le Canadien dans les années 1980 et il revient toujours à Montréal avec grand plaisir.

Naslund joue encore au hockey pour s’amuser et il a fort apprécié sa participation au match en plein air entre les anciens Canadiens et les anciens Bruins le 31 décembre dernier à Foxboro.

« Une saison de rêve » – Mats Naslund

Mats Naslund a été l’un des attaquants les plus populaires du Canadien dans les années 1980. Surnommé le «p’tit Viking» à son arrivée à Montréal, le rapide patineur de cinq pieds et sept pouces a su s’imposer rapidement dans la LNH.

Il avait notamment réussi un tour du chapeau dès son premier match préparatoire contre les Flyers, avec un certain Guy Lafleur à ses côtés.

Repêché en deuxième ronde en 1979, Naslund avait néanmoins dû patienter trois ans avant de parapher un contrat de trois ans avec le Canadien, au point qu’il avait même songé à demander à son agent de le libérer.

Un départ canon

Heureusement que la direction du CH l’a mis sous contrat car dès sa première saison, Naslund a récolté 26 buts et 45 mentions d’aide pour 71 points, un record d’équipe pour une recrue.

Sa meilleure campagne fut celle de 1985-86 avec une récolte de 110 points en 80 matchs et il a aussi été le meilleur marqueur de l’équipe durant les séries avec un total de 19 points en 20 rencontres.

«La saison 1985-86 a été la plus merveilleuse de toute ma carrière. Ce fut une saison de rêve, a raconté Naslund. Tout avait bien fonctionné pour moi aux côtés de Bobby Smith, de Kjell Dahlin ou de Mario Tremblay.

«Le Canadien avait le parfait mélange de vétérans et de jeunes joueurs fougueux. On formait un club bien équilibré. Bob Gainey et Larry Robinson étaient des vétérans en or pour encadrer les jeunes, pour les calmer lorsque c’était nécessaire.

«Vous savez, il n’y avait pas que des anges dans l’équipe. Toutefois, j’ai toujours pensé que ça prend des gars avec des caractères forts pour gagner.»

L’énergie positive des jeunes

Aux yeux de Naslund, c’est l’arrivée de jeunes joueurs talentueux en provenance des Canadiens de Sherbrooke qui a fait la différence au printemps 1986.

«Gaston Gingras m’a déjà souligné, avec raison, que si l’équipe-école n’avait pas remporté la coupe Calder l’année précédente, le Canadien n’aurait probablement pas gagné la Coupe Stanley en 1986», a raconté Naslund.

«Ces jeunes joueurs talentueux, énergiques et affamés, qui avaient triomphé dans la Ligue américaine, voulaient revivre la même chose dans la LNH. Patrick Roy et Claude Lemieux avaient été sensationnels durant les séries.»

Naslund se sert toujours de ses mains habiles

Mats Naslund a toujours été habile de ses mains, lui qui avait terminé au premier rang des marqueurs du Canadien avec une récolte de 110 points, dont 43 buts, au cours de la saison 1985-1986.

Aucun autre joueur du Tricolore n’a d’ailleurs franchi le plateau magique de 100 points depuis ce temps.

Trente ans plus tard, Naslund se sert toujours de ses mains habiles puisqu’il travaille dans le domaine de la construction à Malmö, en Suède.

Pour le plaisir, Mats Naslund continue de travailler occasionnellement comme charpentier-menuisier en Suède.
Photo Courtoisie Mats Naslund
Pour le plaisir, Mats Naslund continue de travailler occasionnellement comme charpentier-menuisier en Suède.

«J’ai toujours aimé le métier de menuisier, de charpentier», a-t-il raconté dans une entrevue accordée au Journal de Montréal.

«J’ai 56 ans et je ne me vois pas rester à la maison à ne rien faire, même si j’adore jouer en compagnie de mes petits-enfants», a ajouté Naslund.

«J’ai longtemps été impliqué dans le hockey, notamment à titre de recruteur à temps partiel avec le Canadien à la fin de ma carrière et comme entraîneur d’une équipe junior, mais ça ne me dit plus rien aujourd’hui.

«Je préfère le monde de la construction. Je suis impliqué au sein d’une petite entreprise et je suis libre de travailler le nombre d’heures que je désire. Je ne suis pas le patron. Je ne ne ressens donc pas de pression.»

Un Métier de père en fils

Il faut savoir que Naslund travaillait déjà comme charpentier lorsque le Canadien l’a repêché en deuxième ronde en 1979.

À l’époque, dans la Ligue élite de la Suède, les salaires n’étaient pas élevés. Les joueurs se devaient d’avoir un bon emploi stable afin de boucler leur budget.

Naslund travaillait donc sur un chantier de construction de 7h00 à 16h00 avant de se diriger à l’aréna.

«Ce goût pour le travail manuel m’a été transmis par mon père, a-t-il expliqué. J’ai toujours aimé travailler avec mes mains.»

La famille

Naslund se sert donc de la perceuse, de la scie et du marteau pour ériger des murs et installer des portes et fenêtres pour une petite entreprise de construction à Malmö.

Mats Naslund est très proche de ses enfants et de ses petits enfants, dont son petit fils Malte (2 ans) qui porte un chandail du Canadien.
Photo Courtoisie Mats Naslund
Mats Naslund est très proche de ses enfants et de ses petits enfants, dont son petit fils Malte (2 ans) qui porte un chandail du Canadien.

S’il aime bien son boulot, son plus grand plaisir dans la vie est de passer du bon temps avec sa famille, composée de trois enfants et de trois petits-enfants, qui vivent tout près de chez lui.

«La famille, c’est ce qu’il y a de plus précieux dans la vie», a résumé Naslund, un bon gars s’il en est un.

« Naslund a été le meilleur ailier avec lequel j’ai joué »   – Bobby Smith

L’acquisition de Bobby Smith a été l’un des meilleurs échanges dans la carrière de Serge Savard. Le directeur général avait obtenu ses services le 18 octobre 1983 en cédant aux North Stars les attaquants Mark Napier et Keith Acton.

«J’ai adoré chaque saison passée dans l’uniforme du Canadien, moi qui ai grandi à Ottawa», a raconté le joueur de centre offensif.

«Je me souviens encore de mon premier match disputé au Forum. J’en avais eu la chair de poule en voyant mon reflet dans la baie vitrée avec le chandail du Tricolore sur le dos.»

Smith formait un excellent tandem en compagnie de Mats Naslund.

«Mats avait connu une saison extraordinaire en 1985-86 en récoltant 110 points. Il a été le meilleur ailier avec lequel j’ai eu l’occasion de jouer. Mats était si régulier. C’était un athlète fier, animé par un ardent désir de faire partie de l’élite de la LNH.»